La restauration ou la création de zones humides suppose de créer ou de remettre en état des zones humides pour gérer les eaux pluviales, absorber les eaux de crue et améliorer la qualité de l’eau. Ces projets renforcent la résilience des collectivités en réduisant le risque d’inondation en aval, en favorisant la biodiversité et en créant des zones tampons naturelles contre les phénomènes météorologiques extrêmes. Dans les petites collectivités et les collectivités rurales, les zones humides offrent une solution peu coûteuse et multifonctionnelle qui protège les infrastructures essentielles, les terres agricoles et les écosystèmes locaux.

Ce guide présente les principales étapes, les meilleures pratiques, des renseignements sur les coûts et des études de cas pour aider les municipalités à planifier et à réaliser des projets de restauration ou de création de zones humides.

Principales étapes d’une mise en œuvre réussie

  • Repérer les sites potentiels de zones humides : Utiliser les cartes des plaines inondables et des bassins versants pour prendre des décisions éclairées
  • Intégrer les priorités locales : Collaborer avec les communautés autochtones, les organismes locaux et les propriétaires fonciers pour intégrer les connaissances et les valeurs locales
  • Procéder à l’évaluation des sites : Déterminer les conditions du sol, de l’hydrologie et de la végétation
  • Définir les objectifs du projet : Fixer des objectifs clairs, comme la réduction du risque d’inondation, l’amélioration de la qualité de l’eau et la restauration de l’habitat
  • Mettre de l’ordre dans ses papiers : Obtenir les permis et approbations nécessaires auprès des autorités environnementales et municipales

Meilleures pratiques en matière de conception et de mise en œuvre

  • Utiliser des espèces végétales indigènes : Sélectionner des espèces adaptées aux conditions locales afin d’améliorer la résilience des écosystèmes et de réduire les besoins d’entretien
  • Réduire les perturbations au minimum : Limiter les répercussions pendant la création de zones humides et empêcher l’écoulement des sédiments dans les cours d’eau adjacents
  • Tirer parti des ressources des organismes : Assurer la coordination avec les organismes locaux pour l’entretien courant et la surveillance écologique
  • Incorporer une composante éducative : Sensibiliser aux fonctions des zones humides, à l’atténuation des inondations et aux avantages écologiques 
     

Considérations relatives à l’équité et aux collectivités

  • Privilégier la collaboration avec les communautés autochtones : Consulter les Premières Nations locales afin de respecter l’utilisation des terres ancestrales et les connaissances traditionnelles et de mieux comprendre le site du projet
  • Mobiliser les agriculteurs au tout début de la planification : Tenir compte des répercussions du projet sur les terres agricoles et les moyens de subsistance
  • Trouver un équilibre entre l’accessibilité et la sécurité : Envisager d’aménager les zones humides de manière à favoriser les loisirs communautaires et l’interaction avec le public tout en réduisant les risques 

Renseignements sur les coûts et le budget

Les projets de restauration et de création de zones humides peuvent coûter entre 50 $ et 200 $ par mètre carré, en fonction de la taille, des conditions et de la complexité du site.

Les inducteurs de coûts habituels sont l’excavation, les matériaux de revêtement, la végétation et l’entretien.  

Pour aider à réduire les coûts globaux :

  • Transplanter des plantes indigènes à proximité pour réduire les frais d’aménagement paysager
  • Tirer parti des bénévoles de la collectivité pour les efforts de plantation et de surveillance; donner des honoraires le cas échéant, en particulier aux petits organismes ou collectivités dignes d’équité
  • Sélectionner des sites pourvus de dépressions naturelles ou ayant déjà des caractéristiques de zones humides afin de limiter les besoins d’excavation 

Études de cas et leçons apprises 

Planification collaborative pour restaurer un marais maritime et réduire le risque d’inondation (Truro, N.-É., 2021) (en anglais seulement) 

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse, en collaboration avec des chercheurs, des partenaires de l’industrie, des propriétaires fonciers locaux et la Première Nation de Millbrook, a creusé des brèches dans une digue existante le long des rivières Salmon et North afin que les eaux de marée puissent retourner dans la plaine inondable et ainsi restaurer progressivement la zone en écosystème de marais maritime. Le projet comprenait l’excavation du chenal, la construction de nouvelles digues là où c’était nécessaire, et une surveillance extensive avant et après la restauration.

Leçons apprises : Une planification coordonnée entre plusieurs intervenants, notamment le gouvernement, les chercheurs, les communautés autochtones et les propriétaires fonciers locaux, permet de bien intégrer la réduction du risque d’inondation, la restauration des écosystèmes et les priorités des collectivités. 
 

Un marais artificiel offre des avantages environnementaux, sociaux et économiques (Canton de Loyalist, Ont., 2020)

Pour remédier aux niveaux élevés de pH dans les effluents de l’usine d’épuration d’Amherstview, le canton de Loyalist a aménagé un marais artificiel en utilisant les quenouilles disponibles localement pour traiter naturellement les eaux usées. Outre l’amélioration de la qualité de l’eau, le marais réduit le risque d’inondation, offre un habitat pour les oiseaux aquatiques et de rivage, crée un espace vert accessible aux résidents et réduit les coûts d’exploitation à long terme (par rapport à un traitement mécanique aux rayons UV).

Leçons apprises : Les marais artificiels peuvent à la fois réduire le risque d’inondation, améliorer la qualité de l’eau, créer des habitats, fournir des espaces verts à la collectivité et réduire les coûts d’exploitation. Cela démontre la valeur des solutions fondées sur la nature qui offrent de multiples avantages. 

La restauration d’une zone humide transforme la cour d’école en habitat et en salle de classe en plein air (Île Quadra, C.-B., 2022) (en anglais seulement) 

L’école primaire de l’île Quadra, en partenariat avec la B.C. Wildlife Federation, le district scolaire 72 et la Première Nation We Wai Kai, a restauré une zone humide historique sur le terrain de sport de l’école afin d’améliorer la gestion des eaux pluviales et de créer un habitat pour les plantes et les animaux indigènes. Le projet comprenait l’excavation de bassins peu profonds, l’incorporation de plantes indigènes financées par une subvention d’ÉcoAction et l’aide bénévole de membres de la collectivité locale.  

Leçons apprises : Les projets de zones humides peuvent aller au-delà d’un simple engagement communautaire en offrant aux résidents la possibilité de jouer un rôle actif tout au long de la réalisation du projet. Une réflexion approfondie sur l’éducation et les expériences d’apprentissage pratique, en particulier pour les jeunes, peut favoriser le sentiment d’appartenance et la fierté de la collectivité. 

*Remarque : Les études de cas présentées sur cette page sont fournies à titre d’information et n’ont pas été soutenues par le Fonds municipal vert. 

Ressources supplémentaires

Outil d’évaluation de l’incidence des routes sur la santé des zones humides (RIWHA) (B.C. Wildlife Federation) (en anglais seulement) – Cet outil d’évaluation sur le terrain permet de repérer et de privilégier les zones humides touchées par les routes et les infrastructures linéaires, en combinant des indicateurs scientifiques et des connaissances locales. Une version distincte et simplifiée de l’outil permet de travailler sur le terrain dans les zones.

Recueil de ressources (Invasive Species Centre) (en anglais seulement) – L’élimination des espèces envahissantes peut représenter un avantage connexe dans le cadre d’un processus de restauration des zones humides. Cette ressource complète offre un résumé des outils d’éducation, de sensibilisation et de gestion des espèces envahissantes, classés par espèce et par voie de propagation. Elle aide les organismes et les groupes communautaires à coordonner leurs communications, à adopter les meilleures pratiques et à intégrer le matériel dans leurs propres programmes.

Outil de cartographie et d’évaluation de la biodiversité (Canards Illimités Canada)  – Cet outil permet d’identifier les points chauds de biodiversité afin d’orienter les efforts de conservation et de restauration. La version publique fournit actuellement des données pour l’écozone des Prairies, en indiquant la richesse prévue en espèces d’amphibiens, d’oiseaux, de mammifères et de reptiles. Un outil similaire est en cours d’élaboration pour l’Est du Canada.

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Glossaire

Point chaud de biodiversité : Une zone où la richesse ou l’abondance des espèces est élevée et qui constitue une priorité pour les efforts de conservation et de restauration

Marais artificiel : Zone humide artificielle conçue pour imiter les processus naturels à des fins telles que la lutte contre les inondations, le traitement de l’eau et la création d’habitats

Plaine inondable : Terrain de faible altitude adjacent à une rivière ou à un ruisseau, susceptible d’être inondé en cas de crue

Espèces envahissantes : Plantes ou animaux non indigènes susceptibles de causer des dommages écologiques ou économiques dans de nouveaux milieux

Gestion des eaux pluviales : Pratiques qui contrôlent la quantité et la qualité des eaux de ruissellement provenant de la pluie ou de la neige, souvent pour réduire le risque d’inondation et améliorer la qualité de l’eau

Marais maritime : Zones humides influencées par le mouvement des marées, offrant un habitat et une atténuation naturelle des inondations dans les zones côtières

Zone humide : Zone de terre saturée d’eau de façon permanente ou saisonnière, abritant des plantes aquatiques et des animaux sauvages 


Sélectionner les ressources 

1. Landowners-Guide-Wetland-Restoration-Ontario-2022.pdf

2.Wetland Vulnerability Metrics as a Rapid Indicator in Identifying Nature-Based Solutions to Mitigate Coastal Flooding

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