Les rénovations à l’aide de matériaux résistant au feu réduisent les voies d’inflammation, ce qui permet de gagner du temps pour les bâtiments et les personnes en cas d’incendie. Le remplacement des composants vulnérables de l’enveloppe du bâtiment et des structures environnantes (toits, parement, évents, terrasses, clôtures) par des assemblages résistants au feu réduit la pénétration des braises et le contact direct avec les flammes, les principales causes de perte de structures dans les incendies en milieu périurbain.
Pour les petites collectivités et les collectivités rurales qui sont confrontées à des délais de réaction plus longs aux feux de forêt et à des capacités d’intervention limitées en cas d’urgence, les rénovations ciblées de matériaux sont un moyen rapide et efficace de réduire les risques pour les installations prioritaires.
Ce guide présente les principales étapes, les meilleures pratiques, des renseignements sur les coûts et des études de cas pour aider les municipalités à planifier et à réaliser des projets d’installation de matériaux résistant au feu.
Principales étapes d’une mise en œuvre réussie
- Déterminer les bâtiments et les zones prioritaires : Commencer par des sites desservant la collectivité comme les cliniques, les centres communautaires et les bibliothèques, et une zone non combustible de 0 à 1,5 mètre au niveau des fondations, des terrasses et des annexes
- Choisir des matériaux conformes : Utiliser des assemblages non combustibles ou de classe A pour la toiture, le parement, les soffites, les évents et les terrasses (p. ex., bardeaux métalliques ou de classe A; stuc/brique/fibrociment; évents métalliques avec un treillis de trois millimètres)
- Détaillage pour la résistance aux braises : Fermer le dessous des terrasses, grillager les évents et les ouvertures, bloquer les soffites/bordures de toit et enlever le paillis combustible qui se trouve contre les murs
- Autoriser, obtenir et organiser les travaux : Respecter les lignes directrices nationales1 et locales; regrouper les travaux de petite étendue, comme les toits et les évents, pour réduire les coûts de mobilisation
- Inspecter et entretenir : Prévoir des contrôles annuels des joints d’étanchéité, des grilles et des solins; maintenir les zones exemptes de combustibles fins
Meilleures pratiques en matière de conception et de mise en œuvre
- Choisir des assemblages qui ont fait leurs preuves : Privilégier le stuc, la brique ou le parement en fibrociment; les bardeaux de toiture métalliques ou de classe A; les bordures de toit et les soffites non combustibles; les évents métalliques munis d’un treillis de trois millimètres; et les terrasses ou les bases de terrasses fermées résistantes au feu
- Prévoir une conception abordable et facile à entretenir : Choisir des produits facilement disponibles et reconnus par le code (p. ex., fibrociment, métal) et des détails simples que les équipes peuvent facilement entretenir
- Utiliser des listes et modèles municipaux : Accéder à des modèles régionaux ou provinciaux (p. ex., via AchatsCanada2 ou InfraGuide3) ou documenter les pratiques actuelles du projet pour créer des outils de référence internes
Considérations relatives à l’équité et aux collectivités
- Privilégier les installations qui desservent les personnes les plus à risque en cas d’urgence : La modernisation des bâtiments publics comme les cliniques et les logements sociaux; des améliorations telles que des toits, des évents et des parements résistants au feu peuvent aider ces installations à servir de refuges d’air pur, chaud ou frais en cas d’urgence
- Allier les rénovations à l’éducation du public : Utiliser les projets de rénovation pour sensibiliser le public aux risques de feux de forêt et au rôle des infrastructures résilientes
- Renforcer les capacités locales : Dans la mesure du possible, faire appel à des fournisseurs locaux et proposer des formations pour faciliter le développement de la main-d’œuvre et la résilience économique
Renseignements sur les coûts et le budget
L’installation de matériaux résistants au feu peut coûter entre 30 $ et 400 $ par mètre carré d’enveloppe de bâtiment, selon le type de bâtiment, le choix des matériaux et la complexité de la rénovation.
Les inducteurs de coût habituels comprennent les permis/inspections (zone de permis d’aménagement ou DPA pour les feux de forêt/conformité aux règlements), la mobilisation pour les sites éloignés, l’élimination des vieux matériaux et l’entretien après rénovation.
Pour aider à réduire les coûts globaux :
- Traiter d’abord les zones les plus à risque (les premiers 0-10 mètres autour des bâtiments), puis étendre en fonction des moyens financiers disponibles
- Normaliser les spécifications et acheter en gros en coordonnant les achats entre les services et les projets
- Faire appel au personnel interne et aux bénévoles pour les travaux légers comme le débroussaillage autour des bâtiments, l’installation de grilles d’aération résistantes aux braises ou l’application d’enduit résistant au feu (tâches pouvant être accomplies dans le cadre de journées de travail communautaire supervisé ou de journées d’entretien)
- Partager ou louer du matériel comme des déchiqueteurs ou des débroussailleuses avec des voisins
- Privilégier les tarifs des fournisseurs de l’intersaison et utiliser les listes de matériaux municipaux pour rationaliser les achats
Études de cas et leçons apprises
- Résilience aux feux de forêt grâce à des normes de conception fondées sur des règlements municipaux (Nelson, C.-B., 2022) (en anglais seulement)
La Ville de Nelson a adopté des directives de conception en matière de protection contre les feux de forêt fondées sur les principes d’Intelli-feu, exigeant une zone non combustible de 0 à 1,5 mètre autour des bâtiments et prescrivant des matériaux résistants au feu dans la zone de 1,5 à 10 mètres. Ces normes sont directement liées aux autorisations d’aménagement, ce qui permet de simplifier la conformité et d’intégrer la résilience aux feux de forêt dans la planification municipale courante.
Leçons apprises : Des normes municipales claires et applicables permettent d’effectuer des rénovations résistantes au feu cohérentes à grande échelle et réduisent les négociations au cas par cas.
- Analyse post-incendie pour guider les rénovations et le détaillage résistants au feu (Municipalité régionale de Wood Buffalo, Alb., 2019) (en anglais seulement)
À la suite du feu de forêt de Fort McMurray, l’analyse effectuée par l’Institut de prévention des sinistres catastrophiques a révélé que les maisons dotées de toits et de bardages résistants à l’inflammation avaient un taux de survivabilité plus élevé. Cependant, de nombreuses pertes ont été imputées à des éléments vulnérables, comme les évents, les soffites, les terrasses, les clôtures et la végétation environnante. Ce constat a mis en évidence l’importance du détaillage de l’ensemble du bâtiment.
Leçons apprises : Pour les petites collectivités, il ne suffit pas d’améliorer les matériaux de base comme les toitures. Il est également important de prendre en compte les bordures et les interfaces (p. ex., évents, terrasses, clôtures) afin de réduire les voies d’inflammation et d’améliorer la survivabilité des bâtiments.
- Les blocs de chanvre produits localement offrent une résistance au feu et à l’humidité ainsi que des avantages connexes économiques (Elk Point, Alb., 2025) (en anglais seulement)
Asinikahtamwak, une entreprise détenue en majorité par la Première Nation de Frog Lake, produit des blocs de chanvre et de ciment plus légers que les blocs de mâchefer et résistants à la moisissure et au feu. Pour les petites collectivités, les blocs produits localement peuvent réduire les coûts de transport et fournir des matériaux culturellement adaptés et à faible teneur en carbone pour les installations communautaires.
Leçons apprises : L’émergence de la maçonnerie biosourcée peut associer la résistance au feu et à l’humidité à des avantages économiques, en particulier lorsque les chaînes d’approvisionnement sont régionales et ancrées dans la culture.
*Remarque : Les études de cas présentées sur cette page sont fournies à titre d’information et n’ont pas été soutenues par le Fonds municipal vert.
Ressources supplémentaires
Guide national sur les incendies en milieu périurbai (Conseil national de recherches Canada) – Cette ressource offre des conseils techniques sur l’évaluation des dangers et de l’exposition ainsi que sur la protection des biens. Il aborde également le rôle du Comité canadien de l’harmonisation des codes de construction dans la mise à jour de ces codes pour s’assurer qu’ils répondent aux besoins changeants en matière de sécurité, d’efficacité énergétique et de considérations environnementales dans le secteur de la construction.
Guide de l’aménagement résidentiel (Intelli-feu) – Ce guide présente les matériaux et des conseils d’assemblage pour les toits, le parement, les terrasses et les évents à l’aide de diagrammes pratiques. Il met également l’accent sur la planification et la préparation au niveau de la collectivité, en encourageant les quartiers à collaborer et à atténuer les menaces liées aux feux de forêt. Bien que le guide se concentre sur les propriétés résidentielles, des principes et des approches similaires s’appliquent aux installations communautaires.
Listes de vérification pour la construction et l’aménagement paysager (FireSmart BC et l’Institut de prévention des sinistres catastrophiques) (en anglais seulement) – Ces listes de vérification fournissent des conseils aux constructeurs, promoteurs et planificateurs pour créer des habitations et des collectivités plus résilientes aux feux de forêt en suivant les meilleures pratiques en matière de planification du site, de conception architecturale, de sélection des matériaux et d’aménagement paysager. Les exemples comprennent les caractéristiques des produits, les normes d’essai et des conseils relatifs au détaillage.This is a list of pre-vetted local materials for less-flammable construction. Practical, actionable strategies for enhancing community and individual home resilience, including considerations for plants, construction materials and general property maintenance are also discussed.
Liste des matériaux d’Intelli-feu (Ville de Nelson) (en anglais seulement) – Il s’agit d’une liste de matériaux locaux préapprouvés pour une construction moins inflammable. Des stratégies pratiques et concrètes pour améliorer la résilience des collectivités et des habitations individuelles, notamment en ce qui a trait aux plantes, aux matériaux de construction et à l’entretien général des propriétés, y sont également discutées.
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- Trousse des petites municipalités pour la résilience aux inondations
Glossaire
Milieu périurbain : Zone où le développement humain rencontre ou se mêle à la végétation sauvage, souvent exposée à un risque élevé d’incendie
Assemblages résistants au feu : Éléments de construction (par exemple, toits, parement) conçus pour résister à l’inflammation provoquée par des braises ou des flammes
Zone non combustible : Espace défendable (généralement de 0 à 1,5 mètre autour des bâtiments) exempt de matériaux inflammables afin de réduire le risque d’incendie
Matériaux de classe A : Produits de construction testés et certifiés pour offrir le plus haut niveau de résistance au feu
Résistance aux braises : Caractéristiques de conception qui empêchent les braises poussées par le vent de pénétrer dans les structures ou de les enflammer
Intelli-feu : Programme canadien proposant des lignes directrices et des pratiques exemplaires pour la résilience des collectivités aux feux de forêt
Soffites : Caractéristiques architecturales nécessitant un grillage ou une étanchéisation pour éviter l’intrusion de braises
Coûts de mobilisation : Dépenses liées au transport des matériaux, de l’équipement et de la main-d’œuvre vers des sites de rénovation éloignés ou ruraux
Maçonnerie biosourcée : Matériaux de construction durables (par exemple, blocs de chanvre et de ciment) offrant une résistance au feu et à l’humidité
Zone prioritaire 1a : Zone critique située dans un rayon de 0 à 1,5 mètre autour d’une structure, à laquelle il convient d’apporter en priorité des améliorations résistantes au feu