Les toits verts sont des systèmes de toiture partiellement ou entièrement recouverts de végétation, plantée sur une couche de drainage et une membrane d’étanchéité. Ils sont installés pour réduire le stress thermique des bâtiments, gérer les eaux pluviales et favoriser la conception de bâtiments durables.  

Les toits verts renforcent la résilience des installations en améliorant l’isolation, en réduisant les coûts énergétiques et en atténuant les effets des îlots de chaleur urbains. Dans les petites collectivités rurales canadiennes, ils prolongent la durée de vie des bâtiments publics, améliorent le confort intérieur en cas de chaleur extrême et constituent une mesure d’adaptation climatique visible et axée sur la collectivité. C’est particulièrement le cas lorsque les toits verts sont installés sur des établissements très fréquentés comme des bibliothèques, des arénas ou des centres communautaires.

Ce guide présente les principales étapes, les meilleures pratiques, des renseignements sur les coûts et des études de cas pour aider les municipalités à planifier et à réaliser des projets d’installation de toits verts.

Principales étapes d’une mise en œuvre réussie 

  • Évaluer la faisabilité structurelle : Réaliser un examen technique pour confirmer que le toit peut supporter les charges de terre, de plantes et de neige, et que sa pente est compatible avec un toit vivant
  • Obtenir les permis et assurer l’étanchéité : Veiller à ce que la conception respecte les codes de construction municipaux et prévoir des membranes durables pour éviter les fuites
  • Conception de la pente et du drainage : Prévoir un ruissellement adéquat et intégrer des capteurs d’humidité du sol ou des systèmes d’irrigation simples; envisager un bassin de rétention pour faciliter la recirculation de l’eau d’irrigation
  • Sélectionner des plantes adaptées au climat : Utiliser des plantes indigènes comme les sédums, les graminées résistantes à la sécheresse ou d’autres plantes vivaces adaptées aux conditions locales
  • Élaborer un plan d’exploitation et d’entretien : Programmer des inspections au printemps et à l’automne, des vérifications des drains et des replantations selon les besoins

Meilleures pratiques en matière de conception et de mise en œuvre

  • Assurer un accès sécuritaire : Concevoir des toits munis de points d’accès sécurisés, par exemple des trappes ou des échelles, et installer des systèmes de protection contre les chutes afin de réduire les risques pour la sécurité (essentiel pour les petits bâtiments, car l’espace limité et la hauteur des toits moins élevée peuvent entraîner des risques souvent négligés)
  • Établir des partenariats : Collaborer avec des groupes horticoles locaux pour la sélection des plantes, établir des partenariats avec les écoles pour l’obtention de programmes éducatifs et mobiliser les responsables du fonctionnement des immeubles dès le début pour assurer l’entretien et le suivi à long terme 
     

Considérations relatives à l’équité et aux collectivités

  • Privilégier les groupes vulnérables : Installer des toits verts sur les installations publiques (bibliothèques, logements sociaux, etc.) où les personnes âgées, les enfants et les personnes à faible revenu ont le plus à gagner d’une meilleure régulation de la température, d’une réduction du bruit et d’un air plus pur en cas d’événements météorologiques extrêmes
  • Intégrer le savoir autochtone : Mobiliser les partenaires autochtones dès le début pour intégrer le savoir écologique traditionnel dans la sélection des plantes et la conception, en veillant à leur offrir des honoraires pour leur temps et leur expertise; favoriser le recrutement de fournisseurs autochtones
  • Explorer le potentiel d’utilisation sociale : Concevoir les toits verts de manière à intégrer des zones de rassemblement accessibles ou des fonctions éducatives si la structure le permet 

Renseignements sur les coûts et le budget

Les projets d’installation de toits verts peuvent coûter entre 150 $ et 700 $ par mètre carré, selon la taille du toit, les conditions de la structure et la complexité de la conception.

Les inducteurs de coût habituels comprennent l’évaluation du site et l’ingénierie structurale; les permis et inspections; les systèmes d’étanchéité et de drainage; le milieu de culture et la sélection des plantes; la main-d’œuvre et les échafaudages; et l’entretien courant (p. ex., désherbage, irrigation, vérification des drains).  

Pour aider à réduire les coûts globaux : 

  • Commencer par des systèmes extensifs ou semi-intensifs qui nécessitent moins de renforcement de structures et d’entretien
  • Utiliser des plantes indigènes tolérantes à la sécheresse pour réduire les besoins en irrigation
  • Faire appel à des bénévoles locaux ou à des stagiaires en emploi vert pour la plantation et l’entretien léger
  • Collaborer avec des pépinières locales ou des programmes d’aménagement paysager pour obtenir des plantes et des matériaux à titre gracieux ou à prix réduit

Case studies and lessons learned

Installation d’un toit vert en collaboration pour gérer les eaux pluviales et renforcer la résilience climatique (Tantramar, N.-B., 2022) (en anglais seulement) 
 

En l’espace de deux ans, la Ville de Tantramar a installé un toit vert sur son hôtel de ville afin d’améliorer la gestion de l’eau douce, de réduire les risques d’inondation et de renforcer la résilience climatique. Le projet a mis l’accent sur les avantages écologiques et la participation de la collectivité, en adaptant les plans à mi-parcours pour surmonter les difficultés logistiques et celles liées à la pandémie.

Leçons apprises : Les petites collectivités peuvent gérer des installations complexes sans perdre leur flexibilité, en modifiant les plans de conception, en agrandissant les surfaces de toiture et en recourant aux communications virtuelles pour maintenir l’élan malgré des ressources limitées et des perturbations externes. 

Rénovation à l’aide d’un toit vert pour transformer l’espace public et promouvoir l’adaptation climatique (Campbell River, C.-B., 2018) (en anglais seulement)

Campbell River a rénové le toit de son hôtel de ville en combinant une toiture verte extensive et une cour publique paysagée, financée par le Fonds de la taxe sur l’essence fédéral. La rénovation a atteint un double objectif, soit fonctionnel et éducatif, démontrant ainsi comment les infrastructures civiques peuvent s’adapter aux vulnérabilités climatiques locales.

Leçons apprises : La rénovation à l’aide de toits verts peut transformer des espaces municipaux sous-utilisés en actifs visibles pour l’adaptation climatique, en offrant des avantages environnementaux et des occasions d’engagement du public pour les petites collectivités.

*Remarque : Les études de cas présentées sur cette page sont fournies à titre d’information et n’ont pas été soutenues par le Fonds municipal vert.

Ressources supplémentaires

Ecoroof guide for municipalities (Rockies Institute) (en anglais seulement)Ce guide offre aux municipalités des conseils pour convertir les toits en espaces verts, en soulignant les avantages comme l’amélioration de la qualité de l’air et la gestion des eaux pluviales. Il comprend des facteurs à considérer pour une mise en œuvre à plus petite échelle.

Lignes directrices pour la construction de toits verts (Sustainable Technologies Evaluation Program) (en anglais seulement) – Fournit des conseils techniques sur la conception des toits verts, la sélection des plantes et les questions structurelles. Cette ressource convient parfaitement aux petites collectivités qui disposent d’un budget limité et souhaitent intégrer des infrastructures vertes dans les bâtiments publics.

Toronto green roof construction standard supplementary guidelines (Ville de Toronto) (en anglais seulement) Ce guide fournit des pratiques exemplaires et des documents explicatifs pour aider les concepteurs à répondre aux exigences municipales en matière de toits verts, à respecter le Code du bâtiment de l’Ontario et à favoriser un développement urbain durable. Même s’ils ont été élaborés pour un environnement urbain, les principes de conception et les normes de rendement contenus dans ce guide peuvent être adaptés à des municipalités plus petites. 
 

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Trousse des petites municipalités pour des installations communautaires résilientes


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Glossaire

Toit vert : Système de toiture recouvert de terre et de végétation pour améliorer l’isolation, gérer l’eau et réduire la chaleur

Gestion des eaux pluviales : Techniques employées pour contrôler les eaux de ruissellement provenant de la pluie, réduire les inondations et améliorer la qualité de l’eau

Îlot de chaleur urbain : Phénomène par lequel les zones urbaines sont nettement plus chaudes que les zones rurales environnantes en raison des activités humaines et des infrastructures

Faisabilité structurelle : Capacité du toit d’un bâtiment à supporter le poids supplémentaire de la terre, des plantes et de l’eau

Membrane d’étanchéité : Couche protectrice qui empêche l’eau de s’infiltrer dans la structure du toit sous le toit vert

Plantes indigènes : Végétation naturellement adaptée au climat local, exigeant moins d’entretien et d’eau

Plan d’exploitation et d’entretien : Plan programmé pour l’inspection, l’entretien et la replantation des systèmes de toits verts

Savoir écologique traditionnel : Systèmes du savoir autochtone qui guident les pratiques durables, y compris la sélection des plantes et la conception écologique

Bassin de rétention : Ouvrage hydraulique utilisé pour collecter et réutiliser les eaux de ruissellement provenant de l’irrigation des toits verts

Protection contre les chutes : Mesures de sécurité (p. ex., garde-corps, harnais) pour éviter les blessures pendant l’accès au toit et son entretien 

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