Aperçu de la gestion des matières résiduelles solides dans les municipalités canadiennesLa responsabilité élargie des producteurs pour inclure l’étape de post-consommation de leurs produits est une solution clé pour la durabilité financière et environnementale dans le secteur des matières résiduelles. C’est l’une des conclusions de ce rapport du Fonds municipal vert (FMV) qui met en évidence les tendances du secteur des matières résiduelles, les facteurs clés influençant la capacité des municipalités à favoriser le changement et les pratiques exemplaires présentant des avantages économiques, sociaux et environnementaux.

Cet aperçu met l’accent sur des pratiques regroupées en quatre catégories :

  • méthodes liées à l’économie circulaire
  • nouvelles technologies
  • programme intégré de matières résiduelles solides
  • instruments obligatoires et économiques

La Ville de Beaconsfield, au Québec, constitue un exemple de cette dernière catégorie. Elle a mis en place un projet pilote de système de collecte des matières résiduelles pollueur-payeur hautement efficace qui permet aux gens de choisir un bac plus petit ou des collectes moins fréquentes et d’économiser. Résultats : diminution de 50 % des résidus acheminés au site d’enfouissement et réduction des coûts de 40 % pour la municipalité.

Outre l’accent mis sur la responsabilité élargie des producteurs (REP), le rapport tire plusieurs autres conclusions, notamment :

  • Les partenariats internationaux entre les grandes villes continueront de stimuler le changement.
  • Le réacheminement des résidus organiques est de plus en plus courant et peut avoir une incidence considérable sur la réduction des émissions.
  • Les initiatives de sensibilisation du public et d’éducation ciblée sur le secteur industriel, commercial et institutionnel (ICI) peuvent faciliter la réussite de nouveaux projets.

Lisez le rapport pour plus de renseignements, d’exemples et de conclusions.

À propos du Fonds municipal vert

Le Fonds municipal vert (FMV) est un programme d’un milliard de dollars offert par la Fédération canadienne des municipalités et financé par le gouvernement du Canada. Grâce à une combinaison unique en son genre de formation, de ressources et de financement, le FMV stimule les mesures locales afin d’améliorer la vie de millions de Canadiens, tout en s’attaquant aux enjeux environnementaux et climatiques urgents.

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Les forêts urbaines sont vulnérables aux feux de forêt et, lorsqu’elles ne sont pas bien gérées, elles peuvent même contribuer à leur propagation. Cette fiche d’information explique comment les forestiers, les urbanistes et leurs partenaires peuvent rendre les collectivités plus résilientes face aux feux de forêt en évaluant les risques et en les intégrant à la gestion des forêts urbaines.  

Risques de feux de forêt et foresterie urbaine 

Les feux de forêt sont un phénomène naturel. Ils jouent un rôle essentiel dans le maintien de la santé, du fonctionnement et de la biodiversité de nombreux écosystèmes de prairies et de forêts au Canada. Plusieurs d’entre eux dépendent de feux périodiques pour préserver leur structure ou pour recycler la matière organique dans le sol. Cependant, ces dernières années, la fréquence et l’intensité des feux de forêt ont augmenté au Canada. Cette situation s’explique à la fois par les pratiques historiques de gestion du territoire et par les effets des changements climatiques, notamment des étés plus chauds et plus longs, des périodes de sécheresse prolongées et des vents imprévisibles.  

Les feux de forte intensité peuvent avoir de nombreuses répercussions sur les forêts urbaines. Celles-ci vont des effets biophysiques (par exemple, la mortalité ou les dommages causés aux arbres, la perte d’habitats et de structures forestières, ainsi que la dégradation des sols) aux effets sur les personnes et les infrastructures situées dans les espaces boisés urbains et autour. Les feux graves menacent directement la santé physique et mentale, ainsi que la sécurité des populations. Ils peuvent également entraîner des changements durables dans la canopée, ce qui accentue l’effet d’îlot de chaleur urbain, augmente le ruissellement des eaux pluviales, limite les usages récréatifs du territoire et fait grimper les coûts d’exploitation.

La détermination et la gestion des risques de feux de forêt sont des éléments essentiels de la gestion des forêts urbaines. Elles permettent de renforcer la résilience des collectivités et de limiter les répercussions sur les personnes, les arbres et les infrastructures.

Évaluation des risques de feux de forêt  

La gestion des risques de feux de forêt commence par leur évaluation. En foresterie urbaine, cette évaluation peut orienter les décisions relatives à l’abattage, à l’élagage et à d’autres activités de gestion des forêts urbaines. Elle permet aussi de déterminer les zones où il est prioritaire de planter des arbres et d’éviter des retraits inutiles dans les zones à faible risque.  

En matière de planification des mesures d’urgence, le risque est généralement défini comme la combinaison de la probabilité (ou menace) d’un aléa et de ses conséquences. Pour évaluer le risque de feux de forêt, il faut pouvoir :  

  1. caractériser avec précision la probabilité qu’un feu de forêt survienne;
  2. cerner les conséquences potentielles afin de prioriser les zones à protéger et les mesures d’atténuation à mettre en place. 

Probabilité 

La probabilité de feux de forêt graves est influencée par trois facteurs – la végétation (combustibles), les conditions météorologiques et le terrain – qui forment le triangle du comportement du feu

Les combustibles 

Les combustibles désignent l’ensemble de toute la biomasse combustible présente dans l’environnement, comme les arbres, les autres végétaux et la matière organique du sol. Certaines plantes sont moins susceptibles de s’enflammer que d’autres. Par exemple :  

  • les espèces à feuilles caduques ont généralement une teneur en humidité plus élevée dans leurs feuilles durant la saison de croissance que les arbres à feuillage persistant, ce qui les rend plus résistantes au feu;
  • les feuillus sont habituellement moins inflammables que les conifères, qui produisent souvent des résines et des huiles combustibles;
  • les plantes ligneuses (à tiges rigides) nécessitent plus d’énergie pour s’enflammer que les plantes herbacées, mais elles peuvent brûler plus longtemps et avec une intensité plus élevée.  
Les conditions météorologiques

Les conditions météorologiques influencent aussi fortement le potentiel incendiaire. Par exemple : 

  • Le vent accélère la propagation du feu et en augmente l’intensité;
  • la température, l’humidité et les précipitations influencent le degré de sécheresse des combustibles et leur inflammabilité;
  • les orages peuvent déclencher un feu par la foudre;
  • les changements climatiques contribuent à allonger les saisons de feux, notamment en raison de sécheresses estivales accrues, d’une diminution du manteau neigeux hivernal et de températures plus élevées. 
Le terrain 

Le terrain correspond à l’influence de la pente, de l’exposition (orientation d’une surface) et de la topographie sur la propagation du feu. Par exemple : 

  • sur les pentes abruptes, le feu préchauffe la végétation en amont, ce qui accélère sa propagation;  
  • les ravins, les versants et d’autres formes de relief peuvent canaliser le feu et le vent;
  • les plans d’eau et les surfaces rocheuses nues peuvent agir comme des coupe-feux. 


Conséquences 

Les conséquences d’un feu de forêt grave sont proportionnelles à l’ampleur de ses répercussions potentielles. Elles concernent les effets sur la forêt urbaine, ainsi que sur les personnes, les habitations, les entreprises et les infrastructures essentielles, comme les casernes de pompiers et les installations de traitement de l’eau.  

Dans le milieu périurbain (où les milieux naturels et les zones bâties se rencontrent), la probabilité d’allumage est plus élevée, et les conséquences des feux de forêt sont généralement plus importantes. Le risque y est donc souvent accru. Les feux peuvent s’y propager rapidement, notamment parce que des braises sont transportées vers les bâtiments, les matériaux, les débris et les végétaux à proximité. Ce phénomène se produit généralement dans un rayon de 100 mètres, mais les braises peuvent parfois parcourir plusieurs kilomètres. 

Ressources pour comprendre les feux de forêt et en évaluer les risques  

De nombreuses collectivités ont déjà accès à des ressources pour mieux comprendre les feux de forêt, que ce soit à l’échelle locale ou par l’entremise d’organismes provinciaux ou territoriaux. Parmi ces ressources, on trouve notamment : 

  • Les analyses ou évaluations des risques et de la vulnérabilité, qui décrivent les aléas naturels et anthropiques (causés par l’homme) touchant une collectivité ou une région en fonction de leur gravité et de leurs conséquences potentielles.
  • La cartographie des risques de feux de forêt, intégrée par certains gouvernements locaux à leurs plans officiels, qui permet de repérer les sites ou les quartiers où les mesures de protection devraient être prioritaires.
  • Les stratégies de protection ou de résilience face aux feux de forêt, souvent intégrées à la planification des mesures d’urgence, qui décrivent généralement les risques locaux et distinguent les zones à risque élevé et à faible risque. 

Les évaluations des risques et la cartographie devraient être réalisées par un professionnel qualifié, par exemple un forestier membre d’un ordre professionnel et possédant l’expertise appropriée. Si vous ne savez pas à qui faire appel, Intelli-feu Canada tient à jour une liste de personnes-ressources provinciales et territoriales

Programme d’atténuation des risques de la SOPFEU 

La Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) est un organisme à but non lucratif responsable de la prévention, de la détection et de la lutte contre les feux de forêt au Québec. Elle offre des services aux gouvernements locaux et aux communautés des Premières Nations pour évaluer leur exposition aux risques de feux de forêt et de préciser les mesures d’atténuation à mettre en œuvre.  

La SOPFEU propose également des formations visant à promouvoir les meilleures pratiques en matière de prévention et constitue une ressource technique pour les collectivités qui réalisent des interventions avancées, notamment en gestion des combustibles. 

Outils pour une gestion adaptée des forêts urbaines face aux feux de forêt 

De bonnes pratiques de gestion des forêts urbaines peuvent contribuer à réduire le risque de feux de forêt. Les activités liées à la plantation d’arbres, à l’aménagement paysager, à la gestion des débris et des matières résiduelles, à la restauration écologique et à la santé des forêts influencent toutes la végétation (c’est-à-dire le combustible) dans le milieu périurbain. Les activités de foresterie urbaine peuvent également recouper la planification communautaire et les décisions en matière de gestion des urgences. 

Se familiariser avec Intelli-feuMC 

Intelli-feu est le programme national de préparation et de planification des interventions en cas de feux de forêt. Il est coordonné par le Centre interservices des feux de forêt du Canada et est utilisé par des organismes partenaires dans chaque province et territoire.

Les principales ressources d’Intelli-feu comprennent des outils permettant au personnel municipal et aux propriétaires d’évaluer les sources potentielles d’ignition d’un site et recommandant des aménagements paysagers appropriés (comme le Guide de l’aménagement paysager d’Intelli-feu). Certaines provinces, comme la Colombie-Britannique (en anglais seulement), ont élaboré leurs propres lignes directrices Intelli-feu en matière d’aménagement paysager. Les collectivités dotées d’un programme Intelli-feu actif proposent généralement d’autres services, notamment des évaluations pour les propriétaires. 

Utiliser Intelli-feu en foresterie urbaine  

Intelli-feu est structuré autour de sept volets, dont plusieurs recoupent les activités de gestion courante des forêts urbaines. Les stratégies suivantes viennent compléter le programme Intelli-feu et peuvent aider les forestiers urbains ainsi que les autres membres de la collectivité à accroître la sensibilisation aux feux de forêt. 

Gestion des urgences et préparation  

Bien qu’ils ne soient pas directement responsables de la gestion des urgences, les forestiers urbains peuvent y contribuer de manière significative. Vous pouvez : 

  • Rechercher des renseignements pertinents sur le contexte de votre collectivité et son exposition aux risques, comme une analyse locale des aléas, des risques et de la vulnérabilité, ou une cartographie des risques de feux de forêt à l’échelle de la collectivité.
  • Recommander au conseil municipal une évaluation locale des risques de feux de forêt si elle n’existe pas déjà. Cette évaluation est souvent réalisée en collaboration avec les services d’urgence et les organismes provinciaux ou territoriaux responsables des feux de forêt.
  • Élaborer des inventaires des arbres, des milieux naturels et des infrastructures à risque dont vous avez la responsabilité (p. ex. arbres remarquables ou patrimoniaux, habitats rares et protégés par la loi, infrastructures de parcs), ainsi que des sources d’ignition courantes (p. ex. feux non autorisés, tabagisme, véhicules).  
  • Préparer des procédures d’urgence pour le nettoyage après un incendie et l’évaluation des dommages. Après un feu de forêt, certains arbres peuvent être endommagés et présenter un danger, ce qui nécessite d’effectuer des travaux d’élagage ou d’abattage afin de réduire les risques pour les travailleurs et le public. 

 

Conséquences des feux de forêt dans la municipalité régionale d’Halifax 

En 2023, des feux de forêt dans la municipalité régionale d’Halifax ont entraîné le déplacement de 16 000 habitants, ainsi que la destruction de 200 structures et de centaines d’hectares de forêt. La municipalité était alors en train d’élaborer un plan de gestion de la forêt urbaine (en anglais seulement) qui formulait plusieurs recommandations pertinentes pour améliorer la capacité d’intervention en cas d’urgence. Celles-ci comprenaient l’exploration d’une zone de permis d’aménagement liée aux risques de feux de forêt, l’embauche d’un forestier professionnel pour appuyer la gestion des combustibles, ainsi que la collaboration avec le personnel concerné du ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse. 


Opérations courantes de foresterie urbaine 

Les pratiques quotidiennes de gestion de la forêt urbaine peuvent renforcer la résilience de votre collectivité face aux feux de forêt. Dans les zones à risque élevé, vous pouvez : 

  • Promouvoir l’utilisation d’espèces résistantes au feu (p. ex. les espèces à feuilles caduques) et une compacité de plantation à moins de 30 mètres des habitations et des bâtiments.
  • Éviter l’utilisation de paillis combustibles à moins de 1,5 mètre des bâtiments et infrastructures à risque, et réduire les quantités appliquées dans un rayon de 30 mètres. Appliquer le paillis à l’automne et privilégier des fragments plus petits pour favoriser la décomposition.
  • Procéder à un élagage stratégique afin de créer une séparation verticale et horizontale entre la végétation et les infrastructures. Un élagage bien planifié peut permettre d’éviter des abattages inutiles.
  • Ramasser ou gérer les débris issus des opérations, comme les copeaux de bois, et envisager des techniques comme le xéropaysagisme (jardinage sans eau) ou des aménagements à faible consommation d’eau autour des arbres afin de réduire la demande en eau.
  • Mettre en place des politiques ou des pratiques visant à limiter les activités à risque élevé, comme le brûlage des résidus verts ou la tonte de pelouse, pendant les périodes de danger accru d’incendie.  
  • Envisager d’offrir au personnel de terrain une formation de base sur la lutte contre les incendies et le contrôle des sources d’ignition à l’aide d’outils manuels, afin d’éteindre les petits feux rencontrés lors des activités courantes.
  • Intégrer des principes d’atténuation des feux de forêt dans les programmes de santé des forêts, de lutte intégrée contre les ravageurs et de gestion des espèces envahissantes. De manière générale, les pratiques visant à améliorer la santé des forêts contribuent déjà à réduire les risques de feux de forêt (p. ex. en diminuant la mortalité des arbres et en éliminant les débris fins), mais elles devraient inclure une surveillance attentive et une gestion des débris pour mieux atténuer les risques.
  • Planifier de façon stratégique la gestion de la végétation dans les zones à risque élevé avec l’appui d’un professionnel qualifié. Pour en savoir plus sur ce type de projet, consultez notre trousse pour renforcer la résilience aux feux de forêt destinée aux petites collectivités

Brûlages dirigés et brûlages culturels dans les milieux naturels 

Les projets de restauration écologique et de naturalisation devraient prendre en compte le rôle du feu dans le maintien des écosystèmes. Dans certains milieux, des feux périodiques permettent d’éliminer l’accumulation de matière organique qui sert de combustible aux incendies plus importants. Ils peuvent également favoriser la reproduction de certaines espèces. Certains sites de votre collectivité pourraient convenir à la réintroduction du feu dans le cadre d’une approche d’aménagement écosystémique des forêts.  

Les effets bénéfiques du feu sont bien connus de nombreux peuples autochtones, qui pratiquent le brûlage culturel depuis des générations. La consultation des Aînés et des gardiens des savoirs traditionnels de votre région peut vous aider à déterminer la pertinence de tels projets.

Les communautés autochtones contribuent d’ailleurs depuis longtemps à la prévention des feux de forêt au Canada. Pour en savoir plus, consultez cette ressource d’Intelli-feu Canada : Tracer la voie : Gestion du feu par les peuples autochtones

Restauration des savanes de chênes noirs à Toronto 

Depuis 2000, la Ville de Toronto utilise le brûlage dirigé (en anglais seulement) pour restaurer les savanes de chênes noirs. Après avoir constaté que les jeunes chênes ne remplaçaient pas naturellement les arbres vieillissants dans le parc High Park, la Ville a mis en œuvre des brûlages planifiés pour favoriser la régénération naturelle de cette espèce dépendante du feu.  

L’établissement de relations avec des membres de la communauté anichinabée locale a renforcé ces efforts en permettant de renouer avec les pratiques de gestion ancestrales des savanes de chênes, antérieures à la colonisation, menées par les peuples autochtones de la région. Les brûlages sont réalisés au printemps par une équipe expérimentée, sous la direction d’un responsable des activités de brûlage.  

Afin d’assurer la sécurité et l’efficacité des brûlages, des travaux de plantation et de gestion des espèces envahissantes sont généralement réalisés au préalable pour modifier les conditions de combustible. 


Planification et aménagement communautaires 

La gestion de la forêt urbaine est étroitement liée aux décisions en matière de planification et d’aménagement communautaires. Il est essentiel de prendre en compte les liens entre le risque de feux de forêt et la gestion des forêts urbaines dans les plans à long terme, les outils de contrôle de l’aménagement et la planification des milieux naturels et des parcs. Vous pouvez : 

  • Intégrer des lignes directrices sur le risque de feux de forêt dans les plans à l’échelle de la collectivité et encourager leur prise en compte dans la planification des quartiers et des sites, la gestion des parcs ou l’aménagement paysager en général.  
  • Consulter votre service d’urbanisme au sujet des mécanismes disponibles pour exiger des documents préparés par des professionnels qualifiés (forestiers professionnels, architectes paysagistes, etc.) dans le cadre des approbations d’aménagement, comme les modifications de zonage ou les lotissements. Ces documents peuvent inclure des évaluations Intelli-feu, des plans d’aménagement paysager ou de la documentation sur la gestion de la végétation et l’atténuation des risques, selon le cas.
  • Adopter des règlements ou proposer des lignes directrices volontaires concernant l’aménagement paysager sur les propriétés privées, en particulier dans les zones à risque élevé ou extrême. Ces mesures peuvent inclure des recommandations sur les espèces d’arbres, leur espacement et leur entretien, adaptées au contexte local à partir des lignes directrices Intelli-feu.
  • Lors de la planification des milieux naturels, réaliser des évaluations des risques de feux de forêt dès les premières étapes de conception. Ces évaluations peuvent orienter les décisions relatives aux aménagements et aux plantations, ainsi que le maintien d’accès aux milieux naturels pour les interventions de lutte contre les incendies et la gestion de la végétation. 

Lignes directrices de Nelson en matière d’aménagement et de feux de forêt 

La Ville de Nelson, en Colombie-Britannique, compte environ 10 000 habitants et est entourée de forêts de conifères dans la région montagneuse du sud-est de la province. En raison de l’étendue de son milieu périurbain, le plan communautaire officiel (en anglais seulement) a intégré une zone de permis d’aménagement liée aux risques de feux de forêt, qui établit des lignes directrices concernant les matériaux de construction et la conception paysagère, notamment en ce qui concerne l’espacement des arbres et de la végétation.  

Comme des problèmes récurrents ont été observés lors de la plantation d’arbres en dehors du processus d’aménagement, la Ville a également adopté un règlement limitant l’aménagement paysager sur les propriétés privées. Aucun nouvel arbre ou plante de conifère persistant ne peut ainsi être planté à moins de 1,5 mètre d’un bâtiment. 


Engagement

Les membres de la collectivité sont de plus en plus préoccupés par la sécurité et les risques de feux de forêt, et peuvent s’adresser aux forestiers urbains et aux urbanistes pour poser des questions sur la gestion des arbres dans leur quartier. Il est important de pouvoir communiquer efficacement les stratégies de plantation, de sélection des espèces et de gestion de la végétation lors des interactions avec le public. Vous pouvez :  

  • Étiqueter les arbres plantés avec des renseignements sur leur résilience aux feux de forêt. Par exemple, le programme FireSmart BC propose une liste de végétaux (en anglais seulement) que les gouvernements locaux peuvent utiliser pour identifier les espèces appropriées. Une approche similaire peut être appliquée aux plantations dans les parcs. Il est aussi possible d’installer une signalisation sur les sites de restauration naturelle pour indiquer que les espèces plantées présentent un faible risque.  
  • Diffuser les résultats pertinents des évaluations des risques de feux de forêt lors des consultations sur les plans de parcs ou de plantation.  
  • Organiser des activités d’information publique dans les secteurs où des interventions de gestion de la végétation ont été réalisées afin de montrer les résultats obtenus.  
  • Utiliser les médias numériques pour expliquer les changements apportés aux pratiques d’aménagement paysager, comme le paillage, dans les espaces publics afin de favoriser la résistance aux feux de forêt.  
  • Faire des liens vers les lignes directrices municipales ou d’Intelli-feu en matière d’aménagement paysager dans les publications sur les réseaux sociaux. 

L’approche de Kelowna en matière de préparation aux feux de forêt 

La Ville de Kelowna, en Colombie-Britannique, a été touchée à plusieurs reprises par des feux de forêt dans son milieu périurbain, notamment en 2003, lorsque le parc provincial Okanagan Mountain a été ravagé par les flammes, entraînant l’évacuation de 27 000 personnes et la destruction de 239 habitations.

Depuis, la Ville a mis en place une approche robuste de préparation aux feux de forêt (en anglais seulement), en parallèle à ses efforts de gestion de la forêt urbaine. Parmi les initiatives mises en œuvre, on compte des sites de gestion de la végétation et de naturalisation dans les milieux naturels municipaux, des journées communautaires de déchiquetage des résidus de jardin (organisées par le service des parcs), une zone de permis d’aménagement liée aux risques de feux de forêt en vertu de la Local Government Act de la Colombie-Britannique (administrée par les services de planification et d’aménagement), ainsi que l’installation d’une maison et d’un jardin de démonstration Intelli-feu (fruit d’une collaboration entre le service des parcs et le service des incendies de la Ville).  


Lectures complémentaires 


Cette ressource a été créée en partenariat avec Arbres Canada et le Fonds municipal vert de la FCM dans le cadre de l’initiative Croissance de la canopée des collectivités canadiennes qui est mise en œuvre par la Fédération canadienne des municipalités et financée par le gouvernement du Canada.   

 

 

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L’initiative Croissance de la canopée des collectivités canadiennes du Fonds municipal vert, qui est financée par le gouvernement du Canada et mise en œuvre par la FCM, est un programme de 291 millions de dollars qui prendra fin en 2031. Le renforcement des capacités est rendu possible grâce à un partenariat avec Arbres Canada. L’initiative CCCC soutiendra la plantation d’au moins 1,2 million d’arbres dans l’ensemble du pays d’ici à la fin mars 2031.

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Cet article résume les principales conclusions d’un récent webinaire explorant comment les données climatiques peuvent éclairer et soutenir les projets d’adaptation municipaux. Des experts ont abordé la question de la nature des données climatiques et ont partagé leurs expériences quant à leur utilisation dans le cadre de projets d’adaptation municipaux, nous montrant ainsi comment les municipalités sont particulièrement bien placées pour exploiter ces données afin de s’adapter aux changements climatiques et de renforcer leurs efforts d’adaptation.     


La construction d’infrastructures municipales et d’autres actifs était autrefois relativement simple. Les gouvernements municipaux recouraient à des méthodes et matériaux fiables, et respectaient les normes de construction, permettant ainsi aux collectivités de profiter des fruits de ces efforts pendant de nombreuses années.  

Désormais, si les municipalités souhaitent construire des infrastructures capables de résister aux effets des changements climatiques à venir, elles devront en faire plus. Les codes de construction conventionnels reposent sur des valeurs climatiques historiques, à une époque où les conditions météorologiques étaient cycliques et relativement prévisibles. La réalité est tout autre aujourd’hui.  

« Des zones constructibles émergent dans le sud du pays, où règnent des conditions climatiques qui n’existaient pas forcément au Canada auparavant », explique Casey Clunas, analyste des politiques à Environnement et Changement climatique Canada.  

Si nous voulons construire en tenant compte des changements climatiques, nous devons utiliser de nouveaux outils. 


Quels outils de données climatiques devrions-nous utiliser?  


Casey Clunas travaille avec le Centre canadien des services climatiques du ministère. Elle explique que les municipalités représentent une part importante des usagers du centre, car elles gèrent un grand nombre d’éléments particulièrement touchés par les changements climatiques.  

Le centre propose des conseils, des formations et des ressources pour aider les usagers à comprendre les données climatiques et à les utiliser dans le cadre des décisions prises en matière d’adaptation. L’un de ces outils, Donneesclimatiques.ca, est un portail qui offre des données climatiques de haut niveau et à haute résolution pour l’ensemble du pays.  

Ce centre n’est qu’une des sources que les municipalités peuvent consulter pour obtenir des données climatiques. Bien que Casey Clunas reconnaisse que la surabondance de ressources en ligne proposant des données climatiques de qualité peut être source de confusion, elle suggère de reformuler légèrement ce défi : « cela démontre que les options sont nombreuses ».  

Sara MacRae, directrice, Climat et énergie pour le comté de Dufferin (à environ une heure au nord de Toronto), et son équipe ont collaboré avec le programme Promouvoir l’adaptation d’ICLEI Canada pour élaborer la stratégie d’adaptation et le plan d’action du comté. Ils ont utilisé le cadre BARC (Bâtir des collectivités adaptées et résilientes), un outil de planification en cinq étapes conçu pour aider les gouvernements municipaux à se préparer aux répercussions des changements climatiques en évaluant la probabilité qu’une série d’événements climatiques se produise ainsi que leurs conséquences possibles.  

 
 « Nous utilisons des outils fondés sur les données, en complément de méthodes plus qualitatives et narratives, pour mieux comprendre comment nos collectivités subissent les répercussions des changements climatiques. »  - Jillian Prosser, Ville de Calgary 


Le comté de Dufferin a utilisé des données et des modèles climatiques en parallèle avec l’expertise et l’expérience locales. « Et dans la mesure du possible, nous avons utilisé une approche globale », explique Sara MacRae. Cela signifie exécuter simultanément plusieurs modèles climatiques, pour ainsi fournir une projection plus précise qu’en utilisant un seul modèle pour des éléments comme les températures et les précipitations à venir, annuelles et saisonnières.  

De même, la Ville de Calgary a utilisé une quarantaine d’indices différents pour élaborer son indice des risques liés aux changements climatiques pour la collectivité. Jillian Prosser, qui dirigeait l’équipe d’adaptation climatique au moment du webinaire, explique que cet outil permet à la ville de comprendre ses principaux risques climatiques et la façon dont ils pourraient affecter sa population, ses collectivités, ses lieux et ses actifs les plus vulnérables, afin qu’elle puisse réagir en conséquence.  

Calgary utilise également des données climatiques en parallèle avec d’autres méthodes complémentaires.  

« Nous utilisons des outils fondés sur les données, associés à des méthodes plus qualitatives et narratives, pour mieux comprendre comment nos collectivités subissent les effets des changements climatiques », explique madame Prosser.  

Ce travail consiste notamment à organiser des groupes de travail communautaires et à collaborer avec la population pour comprendre les répercussions qu’elle subit et déterminer comment, selon elle, on pourrait mieux la soutenir dans un contexte de changements climatiques. 


Utiliser les données climatiques pour concevoir en tenant compte des avantages connexes 


Leurs approches complémentaires ont permis aux deux municipalités de privilégier des projets d’adaptation axés sur l’équité sociale. La création de pôles de résilience communautaires figurait en bonne place sur la liste de leurs priorités.  

Sara MacRae affirme que le projet pilote du pôle de résilience du comté reflète son objectif de renforcer l’infrastructure sociale afin de mieux gérer, pour les résidents, les risques climatiques pour la santé et la sécurité en améliorant les liens au sein de la collectivité.  

En « mode au quotidien », ce pôle servirait d’espace communautaire multifonctionnel. « Dans 99 % des cas, le pôle remplirait ce rôle », affirme madame MacRae. « Il pourrait par exemple offrir des espaces qu’on peut réserver pour organiser des activités, un atelier de réparation de vélos et une trousse de premiers soins. »  

En cas de crise, le pôle passerait en « mode de perturbation ». Il pourrait devenir un lieu de réunion familiale, un endroit pour distribuer des fournitures d’urgence et communiquer des renseignements cruciaux, et bien plus encore.  

Enfin, en « mode de reprise », le pôle continuerait à soutenir la collectivité en proposant des programmes de santé mentale, des services communautaires et la distribution de ressources pour aider les gens à se rétablir et à se reconstruire après une perturbation.  

La conception du bâtiment elle-même sera également influencée par les données climatiques, car le comté de Dufferin devrait connaître des périodes prolongées de chaleur extrême. Sara MacRae indique qu’ils envisageront d’intégrer des éléments comme des zones ombragées, des points d’accès à l’eau potable et des stations de brumisation.  

Parallèlement, la Ville de Calgary a privilégié la construction d’un pôle de résilience communautaire dans son quartier de Sunalta.  

« Nous avons commencé à comprendre quels éléments de vulnérabilité sont essentiels pour faire face aux risques climatiques dans cette collectivité », explique Jillian Prosser. À Sunalta, cette vulnérabilité se traduit par un pourcentage élevé de personnes racisées, de chômage, de nouveaux immigrants et de terres recouvertes de surfaces pavées.  

Le pôle consistera en un bâtiment spécialement conçu à cet effet, comprenant une cuisine commerciale, un café et des espaces de programmation. Il fonctionnera comme une entreprise sociale, ce qui signifie que les revenus qu’il générera seront réinvestis dans la collectivité.  

Jillian Prosser explique comment les données climatiques ont guidé la conception du bâtiment, les systèmes de chauffage et de refroidissement du pôle étant conçus pour répondre aux besoins futurs. Cette approche adaptée aux changements climatiques comprend des modifications de l’enveloppe du bâtiment, du système énergétique, de la toiture et des aménagements extérieurs. Des mesures d’atténuation et d’adaptation aux gaz à effet de serre ont également été intégrées à la conception.  

« Au lieu de créer ce pôle pour le climat que nous n’avons plus, on le construit pour celui dont nous allons hériter », explique-t-elle.

Visionner le webinaire connexe


Outils et ressources en vedette :

L’adaptation aux changements climatiques sous l’angle de l’équité

City of Calgary, Community Climate Risk Index (En anglais seulement)

Des données climatiques pour assurer l’avenir du Canada

Bâtir des collectivités adaptées et résilientes : Un cadre pour l’action locale 

 

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Cet article résume les principales conclusions d’un récent webinaire sur l’adaptation climatique équitable. Un groupe d’experts a discuté d’exemples, d’approches et de stratégies en matière d’adaptation climatique locale sous l’angle de l’équité, et a échangé des observations sur les priorités et les ressources locales en matière de climat pour soutenir les projets d’adaptation climatique des collectivités.  


Bon nombre de municipalités commencent à placer l’équité au cœur de leurs mesures de lutte contre les changements climatiques. L’adaptation équitable suppose de comprendre l’histoire et le contexte des systèmes dans lesquels nous travaillons, et d’admettre que nombre d’entre eux sont axés sur les privilèges et les inégalités. Nous devons donc trouver de nouvelles façons de penser et de faire les choses.

Nous devons notamment établir des relations : échanger, collaborer et nouer des partenariats avec les groupes dignes d’équité afin de garantir qu’ils obtiennent ce qui leur revient.  

Emmay Mah, directrice générale de la Toronto Environmental Alliance, suggère aux municipalités d’examiner les partenariats qu’elles doivent mettre en place avec les organismes communautaires, les organisations et les groupes de voisinage afin de protéger les résidents dans les situations extrêmes, mais aussi de renforcer la résilience climatique de la collectivité au fil du temps.  

Ce travail peut toutefois être très long et, comme le souligne Ewa Jackson, directrice générale d’ICLEI Canada, il n’est pas toujours facile à concilier avec la façon dont les projets municipaux sont généralement conçus, financés et administrés.  

Par ailleurs, le contexte climatique actuel confère un réel sentiment d’urgence à la réalisation de ces projets.  

« Ce ne sont plus des hypothèses », déclare Rachel Mitchell, alors directrice principale des programmes à la Clean Foundation. « Nous devons réagir aux conséquences plus fréquentes, et plus graves, des changements climatiques ». 

 
Brad Badelt, alors directeur du développement durable de la Ville de Vancouver, affirme que la ville en est encore à découvrir l’adaptation climatique axée sur l’équité, mais qu’elle est déjà en train de « rattraper son retard ». 

L’adaptation vue sous l’angle de l’équité  


Emmay Mah affirme qu’il est essentiel de placer le bien-être des collectivités touchées directement ou de manière disproportionnée par les changements climatiques au cœur des plans municipaux d’adaptation climatique.  

De quelle façon? Brad Badelt décrit un projet de plantation d’arbres dans le Downtown Eastside de Vancouver comme un exemple modeste mais très concret de changement de pratiques visant à se concentrer sur les mesures d’adaptation là où elles sont le plus nécessaires.  

Le quartier est très bétonné et asphalté, ce qui augmente la vulnérabilité des résidents à l’effet d’îlot de chaleur urbain lors des vagues de chaleur désormais fréquentes à Vancouver. Au fil des ans, la ville est passée d’une politique consistant à planter autant d’arbres que possible un peu partout à une approche plus ciblée sur des zones comme le Downtown Eastside, où la plantation est beaucoup plus difficile.  

La plantation d’arbres est également plus coûteuse ici, car la ville doit enlever le béton pour creuser des tours d’arbre. « Cela exige beaucoup d’entretien, mais il est évident que les besoins et les avantages sont bien plus importants ici », explique monsieur Badelt.  

Cependant, les projets d’adaptation équitable ne doivent pas toujours concerner les infrastructures physiques. L’infrastructure sociale est tout aussi importante.   

  
« Il est primordial que les gouvernements municipaux s’engagent à doter adéquatement les infrastructures communautaires de première ligne des ressources nécessaires. » – Emmay Mah, Toronto Environmental Alliance
 

Tirer parti des infrastructures sociales existantes  

  
Rachel Mitchell affirme qu’une bonne façon d’établir des liens avec les groupes dignes d’équité est d’entrer d’abord en contact avec les organismes qui travaillent en étroite collaboration avec les groupes sous-représentés, même lorsqu’il n’existe aucun lien évident avec le climat. « Il peut s’agir de Centraide ou d’un autre organisme qui travaille auprès des personnes mal logées », dit-elle.    

Emmay Mah partage cet avis et suggère qu’un bon point de départ serait d’examiner les infrastructures sociales existantes : les réseaux d’entraide, les modèles de soutien communautaire et l’entraide entre voisins. Ces structures, note-t-elle, sont des outils privilégiés pour la résolution multiple de problèmes en situation de crise.  

Madame Mah présente les résultats d’une étude menée par la Toronto Environmental Alliance (avec l’appui de la Ville de Toronto et du Atmospheric Fund), qui a révélé que les organismes communautaires ayant déjà effectué un travail de préparation ou de renforcement des capacités en cas d’urgence étaient capables de s’adapter beaucoup plus rapidement pour venir en aide aux résidents en situation de crise.

Par exemple, les bénévoles locaux des tours d’habitation du quartier St. James Town à Toronto avaient commencé à suivre une formation pour mieux se préparer à un événement météorologique extrême avant la pandémie. Dès que la crise a éclaté, ils ont pu réagir immédiatement, en communiquant avec les résidents de leurs immeubles qui avaient besoin d’aide, en parcourant les étages pour distribuer de la nourriture et en prenant des nouvelles des personnes âgées isolées.  

Après avoir constaté l’efficacité de ces initiatives communautaires, la Ville de Toronto s’est engagée à consacrer des ressources aux réseaux d’aide locaux lors de l’adoption de sa nouvelle stratégie de carboneutralité, les reconnaissant comme des pierres angulaires de l’infrastructure sociale et physique.

Madame Mah affirme qu’ils continueront à travailler avec la ville pour examiner comment on peut intégrer ces réseaux d’aide aux plans de résilience climatique, qualifiant le projet de « travail en cours ». 

Pour une conception et un financement plus équitables des projets d’adaptation 


Si nous voulons que les projets municipaux d’adaptation soient véritablement équitables, nous devrons sans doute les modifier à bien des égards.

Ewa Jackson souligne que la conception des projets municipaux d’adaptation peut aller à l’encontre d’une approche axée sur l’équité, qui repose sur un rééquilibrage des pouvoirs. Ce rééquilibrage exige d’instaurer un climat de confiance, ce qui prend du temps, alors que de nombreux projets municipaux sont soumis à des délais serrés. Il est pratiquement impossible d’établir des relations dans des délais très courts, surtout avec des groupes ayant longtemps été victimes d’inégalités et de marginalisation.

« Réunir des personnes pour collaborer uniquement à la phase un ou à la phase trois, lorsqu’on a besoin de quelque chose, relève, par définition, d’une démarche transactionnelle », explique madame Jackson. « L’adaptation climatique équitable, ou l’équité en quoi que ce soit, ne peut être de nature transactionnelle. Une collaboration minimale est indispensable. Sinon, il ne s’agit que de consultation, ce qui est très différent de la mise en place de l’équité. »  

Ewa Jackson suggère d’utiliser des modèles plus flexibles, comme la méthode de conception de projet agile, mais reconnaît que les modèles de financement pourraient devoir être plus agiles pour s’y adapter. 

Une autre solution consiste à trouver des moyens de surmonter certains obstacles juridiques afin de donner aux groupes communautaires les moyens d’agir davantage. Là encore, il s’agit de tirer parti des infrastructures sociales déjà en place. Cette idée a été reprise par les autres participants.  

« Il est primordial que les gouvernements municipaux s’engagent à doter adéquatement les infrastructures communautaires de première ligne des ressources nécessaires », soutient Emmay Mah. « Et cela vaut également pour les bailleurs de fonds. »   

 

Visionner le webinaire connexe


Outils et ressources en vedette :

L’adaptation aux changements climatiques sous l’angle de l’équité 

Activités d’équité, d’inclusion et de lutte contre le racisme de la FCM 

Adaptation équitable aux changements climatiques : Pistes de réflexion pour les administrations locales

Atlas Climatique du Canada : Savoirs Autochtones 

Tessa Watkins, Wheel of privilege (En anglais seulement)

Indigenous Climate Hub, Climate change adaption (En anglais seulement)

City of Vancouver, Sea2City design challenge (En anglais seulement)

Community Resilience to Extreme Weather (CREW), Neighbourhood heatwave response project (En anglais seulement) 

Toronto Environmental Alliance (TEA), Sowing the seeds for local climate leadership: A learning guide for resident engagement using a connected communities approach (En anglais seulement)

Toronto Environmental Alliance (TEA), Community hubs and community-based responses to the COVID-19 crisis: Lessons for building a more equitable, resilient and climate-safe Toronto  (En anglais seulement)

Climate Caucus Handbooks (En anglais seulement)

Government of BC, Systems-based approaches for climate resilient infrastructure (En anglais seulement) 

HealthyPlan.City (En anglais seulement) 

Climigration Network, Lead with listening: A guidebook for community conversations on climate migration (En anglais seulement)

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Generate 22,960 GJ of renewable energy per year

Production de 22 960 GJ d’énergie renouvelable par an

Approximately 40% of the wastewater treatment plant’s heat and electricity demand

Soit environ 40 % des besoins en chaleur et en électricité de l’usine d’épuration

Reduce 2,000,000 tonnes/year of CO2e emissions

Réduction de 2 000 000 tonnes par an des émissions d’équivalent CO2

Divert 4,140 tonnes/year of food waste from the landfill

Détournement de 4 140 tonnes par an de déchets alimentaires des sites d’enfouissement

Résumé

La ville de Timmins s’est aventurée en terrain inconnu : transformer les déchets organiques en énergie renouvelable et en engrais. Une étude de faisabilité a révélé qu’en mélangeant les déchets alimentaires avec les eaux usées à l’usine d’épuration de Mattagami, on pourrait produire suffisamment d’énergie pour couvrir près de la moitié des besoins de l’usine. Grâce à des avantages tels que le détournement des déchets organiques des sites d’enfouissement, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la production d’énergie renouvelable et la fertilisation des sols, la ville contribuera à protéger l’environnement extérieur dont ses résidents sont fiers. Les résultats montrent que même les collectivités de taille moyenne peuvent transformer les déchets en énergie fiable. En utilisant les infrastructures dont elle dispose déjà, la ville crée de la valeur environnementale et économique pour les habitants de Timmins.

Quelques statistiques

Production de 22 960 GJ d’énergie renouvelable par an, soit environ 40 % des besoins en chaleur et en électricité de l’usine d’épuration
Réduction de 2 000 000 tonnes par an des émissions d’équivalent CO2
Détournement de 4 140 tonnes par an de déchets alimentaires des sites d’enfouissement 

« Détourner les déchets des sites d’enfouissement est un objectif important pour la municipalité, que ces déchets proviennent de sources résidentielles ou de sources industrielles, commerciales et institutionnelles (ICI). Le traitement des déchets ICI soutient les objectifs globaux de détournement des déchets, prolonge la durée de vie des sites d’enfouissement et contribue à des objectifs environnementaux et de développement durable plus larges, ce qui profite à l’ensemble de la collectivité. » 

Contexte

En 2021, la ville a réalisé une étude de faisabilité qui a quantifié les déchets alimentaires résidentiels et industriel, commercial et institutionnel (ICI) dans la région et comparé trois options de traitement des déchets :

  1. Le compostage traditionnel. 
  2. La digestion anaérobie, qui traite les déchets organiques dans des cuves sans oxygène où des microbes les décomposent pour produire de l’engrais et du biogaz pouvant être utilisé pour le chauffage et l’énergie renouvelable sous forme d’électricité ou de gaz naturel renouvelable.  
  3. La codigestion, dans ce cas, est un type particulier de digestion anaérobie où les eaux usées sont mélangées aux déchets alimentaires à l’usine d’épuration de Mattagami de la ville.

La ville a collaboré avec l’Agence ontarienne des eaux afin d’analyser la faisabilité de la codigestion et a constaté qu’il s’agissait de l’option la plus rentable.

Le défi

Bien que la codigestion soit considérée comme une solution viable, la ville de Timmins poursuit plusieurs objectifs à la fois avec ce projet :

  • Augmenter la quantité de déchets organiques détournés des sites d’enfouissement; 
  • Réduire les émissions de gaz à effet de serre; et 
  • Améliorer la capacité de réception de déchets organiques dans la région. 

Pour les collectivités de taille moyenne comme Timmins, concilier les finances et la vision d’une économie circulaire peut s’avérer plus difficile, car elles bénéficient moins des économies d’échelle que les grandes villes. 

La solution

La ville a analysé cinq scénarios de mélange de déchets alimentaires avec les eaux usées, chacun se situant sur un continuum allant de l’ajout de zéro déchet organique jusqu’à l’ajout du maximum pouvant être traité à l’usine. Chaque étape de ce continuum a permis d’accroître la production d’énergie renouvelable et de réduire les émissions potentielles. 
L’analyse a révélé qu’il était plus faisable de produire de la chaleur et de l’électricité renouvelables que du gaz naturel renouvelable. La ville avait besoin de plus de déchets organiques et de boues d’épuration que ce qui était facilement disponible pour que la production de gaz naturel renouvelable soit réalisable. Les scénarios de production de chaleur et d’électricité renouvelables présentaient le moins de risques techniques et opérationnels.

Les résultats

  • Le scénario le plus réalisable permet de codigérer 4 140 tonnes par an de déchets organiques résidentiels et ICI qui, autrement, iraient au site d’enfouissement.
  • Le taux de détournement prévu dans ce scénario permettrait de réduire les émissions d’équivalent CO2 de 2 000 000 tonnes/an au site d’enfouissement.
  • La codigestion des déchets alimentaires résidentiels et ICI génère suffisamment d’énergie pour couvrir 40 % des besoins en chauffage et 44 % des besoins en électricité de l’usine.
  • L’utilisation de l’usine d’épuration existante permet de réduire d’importantes dépenses d’immobilisation et d’optimiser la rentabilité de la codigestion. 
  • L’utilisation de déchets comme ressource favorise une économie circulaire.

Les leçons apprises 

L’expérience de la ville a permis de tirer plusieurs leçons pratiques qui pourraient être utiles à d’autres collectivités qui envisagent la codigestion. Un engagement précoce, des partenariats de confiance et une solide compréhension des conditions locales ont été décisifs dans l’élaboration d’une solution à la fois réalisable et soutenue par les exploitants et la collectivité.

  • Privilégiez un engagement précoce des parties prenantes afin d’évaluer la disponibilité des matières premières et la concurrence dans votre région. Établir des liens avec les parties prenantes prend du temps et nécessite des suivis réguliers; il est donc important de prévoir suffisamment de temps et de budget dès le départ. 
  • Collaborez avec un partenaire qui entretient des liens étroits avec les fournisseurs de matières premières et les acheteurs de gaz; son accès aux données du marché privé et sa crédibilité favorisent l’engagement des parties prenantes. Dans ce cas précis, l’Agence ontarienne des eaux a apporté son expertise en matière de réglementation, de technique, d’exploitation et de réalisation de projets.
  • Appuyez-vous sur l’expertise de vos exploitants internes pour comprendre l’historique d’exploitation de votre usine d’épuration, évaluer les répercussions sur le système et valider les hypothèses de réduction des coûts.  
  • Il est plus facile d’atteindre de manière fiable la production d’énergie prévue lorsqu’il y a peu de concurrence pour la réception des déchets organiques. Il n’existe aucune entreprise privée de collecte de déchets organiques dans la ville de Timmins, ce qui augmente la probabilité de sécuriser les déchets alimentaires disponibles estimés. 
  • Lorsque des terres voisines pourraient bénéficier du digestat, le projet peut maximiser ses avantages environnementaux. La ville se situe à proximité de sites miniers où le digestat riche en nutriments pourrait être distribué pour contribuer à la réhabilitation des terres. 
  • Lorsque la collectivité et l’équipe chargée de l’exploitation constatent que les changements profitent à tous, les projets prennent de l’ampleur. Les exploitants ont été informés de l’étude de faisabilité et les résidents ont été sondés sur leur probabilité de participer à un programme de collecte des matières organiques. 

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La déconstruction circulaire aide les collectivités de l’île de Vancouver à récupérer les matériaux utiles de bâtiments et de sites postindustriels au lieu de les envoyer dans des sites d’enfouissement. En récupérant du bois, des métaux, des briques et d’autres matériaux pour les réutiliser, les collectivités rurales créent de nouvelles possibilités économiques, soutiennent le perfectionnement de la main-d’œuvre et renforcent la résilience locale grâce à des approches d’économie circulaire.

Les collectivités qui participent à ces travaux prévoient d’importantes répercussions positives à l’échelle locale, notamment une contribution économique directe potentielle de 2,57 millions de dollars, des évaluations de l’économie circulaire pour 12 entreprises, une capacité accrue de transformation du bois récupéré et une formation de perfectionnement des compétences pour la main-d’œuvre licenciée. 

Cette série d’articles met en lumière la façon dont les collectivités de l’île de Vancouver établissent des partenariats, renforcent l’économie locale et créent de nouvelles possibilités grâce à des approches d’économie circulaire dans le secteur de la construction.

Heap of old cracked rotten scrapped pine wood decking planks

 

Articles de la série

Le recyclage des déchets alimente les emplois de l’économie circulaire en Colombie-Britannique 
Les municipalités de l’île de Vancouver et de la côte trouvent des solutions novatrices pour détourner des matériaux de construction et de démolition des sites d’enfouissement grâce à des échanges, à des études de marché et à la collaboration des parties prenantes. Découvrez des exemples concrets de collectivités qui s’efforcent de mettre en œuvre des projets d’économie circulaire, de valoriser les déchets et de créer de nouvelles opportunités économiques.

Renforcer la main-d’œuvre locale à Port Alberni grâce à l’économie circulaire
Après plusieurs fermetures d’usines de papier à Port Alberni, des partenaires locaux se sont mobilisés pour créer des programmes de perfectionnement de la main-d’œuvre axés sur la durabilité et l’économie circulaire. Découvrez comment des initiatives de formation et la collaboration communautaire aident la main-d’œuvre à faire la transition vers les industries émergentes.

Une approche structurée pour promouvoir l’économie circulaire au sein des collectivités rurales 
Les municipalités rurales font face à des défis et à des possibilités uniques dans la gestion des déchets de construction et de démolition. Découvrez comment la collaboration, des partenariats communautaires et des initiatives de récupération de matériaux peuvent aider à renforcer l’économie locale et la résilience à long terme.

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Dans les trois districts régionaux de la Colombie-Britannique étudiés par la Synergy Foundation, on estime que 20 % des résidus de construction et de démolition sont gaspillés chaque année. Grâce à des réseaux d’échange, il est possible de continuer à utiliser des matériaux de valeur, ce qui permet de réduire les déchets et de favoriser l’économie circulaire.

Transformer les résidus de construction et de démolition en occasions de développement économique local

Chaque année, d’importants volumes de résidus de construction et de démolition, comme le bois, le métal, le béton, les fenêtres, les revêtements et les armoires, sont enfouis malgré leur potentiel de réutilisation et leur valeur sur le marché. La Synergy Foundation a commandé des études de marché sur ces résidus dans trois districts régionaux de la Colombie-Britannique, qu’elle a associées à des activités de consultation communautaire et à des projets pilotes visant à mettre en place des réseaux d’échange régionaux. Ces réseaux montrent comment un traitement local, des partenariats communautaires et des activités à valeur ajoutée peuvent créer de nouveaux emplois, conserver la valeur des résidus au niveau local et poser les bases d’un pôle d’économie circulaire pour les résidus de construction et de démolition.

Résidus de construction et de démolition : valeur perdue et répercussions économiques

  • Environ 33 000 tonnes de résidus de construction et de démolition envoyées aux sites d’enfouissement chaque année
  • Création de 25 emplois directs potentiels grâce au détournement de la moitié des résidus de construction et de démolition
  • Contribution économique directe potentielle de 2,57 millions de dollars
  • Trois districts régionaux participant à des études sur le marché des résidus 
  • Douze entreprises participant à des évaluations d’entreprises d’économie circulaire
  • Trois projets pilotes démontrant des échanges de résidus et un traitement à valeur ajoutée sur place
  • Capacité de traitement de 140 à 150 tonnes par an de bois de récupération
  • Traitement de 8 000 kg de plastique en un an, avec une augmentation de la capacité prévue
  • Douze réseaux d’échange de résidus en cours avec des entreprises et des organismes locaux dans les trois régions
  • Participation de 196 organismes et entreprises

Contexte

Les districts de qathet, d’Alberni-Clayoquot et de Cowichan Valley sont liés par une histoire économique ancrée dans les secteurs des ressources primaires et de la fabrication. Ils traversent actuellement une transition économique, marquée par le ralentissement des scieries et les changements plus généraux dans le secteur forestier. La construction et la rénovation restent des moteurs économiques importants, employant environ 10 % de la main-d’œuvre et générant des volumes importants de résidus de construction et de démolition. Ce secteur est à la fois une source majeure de production de déchets et une grande occasion pour mettre en œuvre des solutions d’économie circulaire qui soutiennent l’emploi local et la résilience économique.

Freins à la mise en valeur des résidus de construction et de démolition

Les résidus de construction et de démolition constituent l’un des flux de déchets les plus importants et à la croissance la plus rapide au Canada, mais ils recèlent souvent une valeur considérable. La Synergy Foundation voulait mieux comprendre les flux de résidus, leur potentiel sur le marché et les conditions nécessaires pour les réutiliser dans les districts de qathet, d’Alberni-Clayoquot et de Cowichan Valley, tout en tenant compte de certains défis majeurs qui limitent leur valorisation, notamment :

  • Compréhension limitée de la véritable valeur économique des résidus de construction et de démolition;
  • Contamination élevée due à de mauvaises pratiques de tri à la source;
  • Marchés locaux fragmentés ou inexistants;
  • Manque de liens entre les producteurs de résidus, les transformateurs et les utilisateurs finaux;
  • Absence de politiques et de mesures incitatives locales.

L’objectif final était de renforcer la capacité locale en matière d’économie circulaire, en augmentant la part des résidus de construction et de démolition détournée vers la réutilisation, le recyclage et la fabrication à valeur ajoutée.

Mettre en place des réseaux d’échange locaux de résidus de construction et de démolition

La Synergy Foundation a reçu une subvention dans le cadre du programme provincial de diversification économique rurale et d’infrastructure (REDIP) de la Colombie-Britannique afin d’élaborer des stratégies de pôles d’économie circulaire dans les trois districts régionaux et de mieux comprendre comment la valeur des résidus de construction et de démolition pourrait être valorisée à l’échelle locale.

Trois études de marché sur les résidus ont été commandées pour :

  • quantifier les volumes et la valeur des résidus de construction et de démolition récupérables;
  • déterminer les résidus prioritaires à potentiel de marché à court terme;
  • estimer les retombées sur l’emploi;
  • mettre en évidence les obstacles, comme la contamination, le manque de tri et les lacunes dans les politiques.

Plusieurs séances de consultation en personne ont réuni des acteurs de divers secteurs, dont des entreprises locales, des entreprises sociales et des artistes, dans le but :

  • d’établir des liens entre les entreprises locales;
  • de trouver des idées et des solutions concernant les résidus difficiles à valoriser;
  • de valider les priorités et les prochaines étapes pour faire avancer les efforts de valorisation.

Trois projets pilotes ont été mis en place pour présenter concrètement le fonctionnement des échanges de résidus.

1. District régional d’Alberni-Clayoquot
L’Alberni Valley Makerspace et une entreprise locale de construction ont démontré qu’il est possible d’utiliser des résidus de construction et de démolition récupérés pour fabriquer localement des produits à petite échelle, par exemple :

  • en traitant environ 8 000 kg de plastique en 2025 (l’objectif est de 16 000 kg pour 2026);
  • en transformant des plastiques de construction en biens de consommation entièrement recyclés, comme des cintres pour combinaisons de plongée fabriqués à partir de tuyaux de ponceau en plastique recyclé.
Recovered plastic culvert being transformed into tabletops

Des tuyaux de ponceau en plastique récupérés en cours de transformation en plateaux de table à l’Alberni Valley Makerspace, janvier 2026.

2. District régional de Cowichan Valley
The ReUse People of Canada (TRP), un organisme de bienfaisance enregistré, a collaboré avec DL Bins, une entreprise locale de collecte et de gestion des déchets, pour faciliter la réutilisation et le traitement du bois de récupération par :

  • la mise en place d’un approvisionnement régulier en bois de récupération à prix abordable pour divers acheteurs et utilisateurs finaux; 
  • le développement d’une capacité de traitement du bois de récupération d’environ 140 à 150 tonnes par an;
  • la poursuite d’autres objectifs, comme l’achat en gros pour les entrepreneurs, l’approvisionnement des productions cinématographiques locales et la réalisation de travaux de transformation du bois (élagage, classement, contrôle de la qualité).

De plus, la mission caritative de TRP contribue au bien-être et à l’inclusion des membres de la collectivité. L’organisme embauche et forme des travailleurs autochtones locaux dans le cadre d’un projet pilote de déclouage qui permettra d’accroître encore la valeur de revente des résidus et de créer des emplois.

3. District régional de qathet
L’entreprise sociale Kindred ReBuild s’est associée au district régional de qathet, à des entreprises de construction locales et à une ancienne scierie afin d’étendre ses marchés de collecte et de réutilisation. Voici ses principales activités :

  • Récupération directe sur les chantiers de démolition et de construction.
  • Collaboration avec des entrepreneurs pour détourner les résidus réutilisables.
  • Tri et revente en vue d’une réutilisation au sein de la collectivité.

Parmi ses projets à venir, on compte :

  • La mise en place d’un projet pilote de collecte directe des résidus de construction et de démolition sur les chantiers en activité.
  • L’élargissement des catégories de réutilisation.
  • L’amélioration de l’accès à des résidus abordables.
  • L’organisation de formations et d’ateliers.

Occasions rendues possibles par les réseaux d’échange régionaux de résidus

Les études et les consultations ont permis de poser les bases concrètes et adaptées au contexte local nécessaires au développement de réseaux régionaux d’échange de résidus de construction et de démolition, favorisant ainsi les effets à long terme de l’économie circulaire. Il est important de noter que ce processus permet d’établir des liens directs entre les producteurs de résidus et les utilisateurs finaux. Parmi les résultats concrets, on peut citer :

Environnement

  • Réduction de l’enfouissement des résidus de construction et de démolition de grande valeur (dont des chargements acheminés vers l’État de Washington).
  • Baisse des émissions grâce à la réutilisation et au traitement à l’échelle locale.

Économie

  • Conservation de la valeur des résidus dans l’économie locale.
  • Création d’emplois liés à la réutilisation, au traitement et à la fabrication.

Société

  • Soutien aux organismes de bienfaisance et aux entreprises sociales et à leurs programmes.
  • Meilleur accès à des résidus de construction abordables.
  • Développement des compétences et participation communautaire.

« Ce projet marque une avancée prometteuse vers une économie locale plus durable et plus résiliente. En explorant de nouvelles possibilités de réutilisation, d’innovation et de création d’emplois liées aux résidus de construction et de démolition, nous ne nous contentons pas de réduire la pression sur les décharges : nous investissons dans notre collectivité. »
John Jack, président du conseil d’administration, district régional Alberni-Clayoquot

Les avantages

Parmi les avantages supplémentaires des réseaux d’échange de résidus de construction et de démolition, mentionnons les suivants :

  • Le maintien de la circulation de l’argent à l’échelle locale plutôt que l’exportation de déchets et l’importation de résidus.
  • La création de nouveaux emplois locaux. 
  • La réduction des répercussions environnementales liées à l’extraction, au transport et à l’élimination des déchets.
  • Le renforcement des partenariats entre les entreprises locales, les organismes communautaires et les municipalités.
  • La réduction des risques et des incertitudes liés aux facteurs externes (p. ex. droits de douane, pandémie) grâce au renforcement des chaînes d’approvisionnement locales.

Principales leçons pour les collectivités qui s’intéressent à la réutilisation des résidus

Dans les trois régions, les interactions avec les entrepreneurs, les entreprises de collecte de déchets, les entreprises sociales, les partenaires autochtones, les recycleurs, les artistes et les créateurs ont systématiquement mis en évidence la nécessité :

  • d’une coordination commune; 
  • d’espaces d’entreposage et de tri accessibles; 
  • d’installations centrales ou communes, ainsi que d’occasions de formation et de perfectionnement.

D’autres recommandations s’ajoutent :

  • Établir des relations et favoriser des liens directs pour faciliter la mise en œuvre des projets.
  • Démontrer les avantages économiques pour le secteur au moyen d’exemples concrets.
  • Impliquer des porte-parole locaux et des facilitateurs pour mobiliser la collectivité.
  • Prévoir des calendriers de projet qui conviennent aux participants, en évitant les périodes de forte activité dans le secteur de la construction (l’été) et en privilégiant les séances en matinée.
  • Diversifier les contributeurs : penser autrement à qui devrait faire partie du projet.
  • Préconiser l’engagement en personne et les relations personnelles dans la mesure du possible.

Personne-ressource
Tai Uhlmann, gestionnaire de projet principale
Synergy Foundation
tai@synergyfoundation.ca

Michael Moore, the Alberni Valley Makerspace
mmoore@albernimakerspace.ca

Beverley Dondale, The Reuse People of Canada
bdondale@trpcanada.org

Todd Clarke, Kindred Rebuild
tclarke@inclusionpr.ca

Autres ressources

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Cet article résume les principales conclusions d’un récent webinaire sur la transformation de plans d’adaptation climatique en projets d’infrastructures locaux. Un groupe d’experts a discuté des défis à relever pour passer de la planification à la mise en œuvre d’un projet, en proposant des stratégies, des outils et des conseils pour hiérarchiser les projets, obtenir l’adhésion et garantir le financement. 

 

Visionnez le webinaire

 

Les municipalités de toutes tailles au Canada intègrent des stratégies d’adaptation climatique dans leurs plans municipaux. Cependant, nombre d’entre elles constatent que la transition de la planification à la mise en œuvre de projets d’infrastructures concrets peut s’avérer difficile.  

Comment déterminer l’ordre de priorité des projets? Pouvez-vous en obtenir l’adhésion? Comment allez-vous les financer?  

Ces défis peuvent être encore plus grands pour les petites municipalités, qui subissent des risques climatiques similaires ou plus importants, mais manquent de personnel spécialisé et de fonds pour y faire face.

Morden au Manitoba (population d’environ 10 000 habitants) a essuyé des inondations, une sécheresse et une chaleur extrême au cours de la même année civile. Alors que la ville achève son plan d’adaptation climatique, Shawn Dias, directeur municipal adjoint, explique qu’il faudra choisir les nouveaux projets avec soin. « Sachant que nous avons connu ces événements extrêmes et que nous voulons mettre en œuvre des mesures d’adaptation, il s’agit maintenant d’établir les priorités, c’est-à-dire les enjeux sur lesquels nous voulons concentrer nos efforts », explique Shawn Dias.

Utiliser les données sur les risques climatiques pour hiérarchiser les projets

Le comté de Huron en Ontario, qui connaît lui aussi des conditions météorologiques extrêmes, a récemment réalisé une évaluation des risques climatiques à l’échelle de la collectivité.  

Derry Wallis, spécialiste des changements climatiques et de l’énergie, explique que le comté s’est fortement appuyé sur les côtes de risque lorsqu’il a décidé que le premier projet à privilégier était la préparation aux situations d’urgence liées aux déplacements en hiver.  

« Le risque étant si élevé, notre équipe de travaux publics a créé une page Web sur le site du comté de Huron pour présenter l’accès aux données routières du comté en temps réel, ainsi que les routes provinciales dans les zones rurales », explique Derry Wallis.

Les cartes des risques climatiques sont un autre outil que les municipalités peuvent utiliser pour concentrer leurs efforts. « Vous pouvez envisager les risques les plus probables aujourd’hui, au milieu du siècle et à la fin du siècle », explique Ewa Jackson, directrice générale d’ICLEI Canada.  

Ewa Jackson décrit comment les cartes des risques climatiques de l’ICLEI examinent les risques de chaleur extrême, d’inondation, de dégel du pergélisol et de feux de forêt dans tout le pays. En collaboration avec des modélisateurs et des climatologues, l’ICLEI utilise des données historiques, des cartes accessibles au public et des scénarios climatiques futurs pour attribuer une cote de probabilité. L’ICLEI a également conçu une évaluation de haut niveau des risques climatiques pour des projets ou des actifs localisés.  

Ces outils font partie de la plateforme Perspectives climatiques d’ICLEI. Cette plateforme comprend d’autres outils pour guider les municipalités dans la réalisation de leurs projets, notamment des cartes géospatiales avec des ensembles de données pouvant être superposés, et un outil de recherche de solutions.

Les données générées par des outils de ce type permettent non seulement de hiérarchiser les nouveaux projets, mais aussi d’en encourager l’adhésion.

Avantages connexes : Voir au-delà de la perspective climatique

« Lorsqu’il s’agit de convaincre le conseil, d’obtenir l’adhésion du personnel et de faire en sorte que toutes les pièces du casse-tête s’imbriquent parfaitement, un autre élément clé est l’optimisation des avantages connexes », explique Rachel Mitchell, directrice des initiatives communautaires sur le climat pour la Clean Foundation.

Ewa Jackson estime également que le fait de mettre l’accent sur les avantages connexes constitue une stratégie efficace pour faire approuver et mettre en œuvre les projets. Les projets qui améliorent la qualité de vie tout en résolvant un problème climatique sont toujours de bons candidats.

Rachel Mitchell nous fait part d’un cas concret à Pictou, en Nouvelle-Écosse. La collectivité a examiné comment la prise en compte des risques climatiques comme l’élévation du niveau de la mer s’inscrivait dans d’autres priorités, comme le réaménagement du secteur riverain de manière à soutenir les entreprises locales, à faciliter l’accès pour les résidents et à encourager le tourisme.  

Si les priorités sont clairement définies et qu’on envisage les besoins de la collectivité autrement que sous la seule perspective climatique, les conseils sont mieux disposés à dire « oui, d’accord, nous allons accorder un pourcentage de financement », explique Rachel Mitchell.  

Franchir l’obstacle du financement

Vous avez privilégié un projet, vous avez obtenu l’adhésion de la population, vous devez maintenant trouver du financement.

Shawn Dias recommande la prudence à ce stade. Selon lui, il ne faut pas présenter un projet qui repose en grande partie sur un éventuel financement, car si ce financement n’est pas accordé, le projet tombe à l’eau.

Il suggère plutôt d’inclure le projet dans le budget d’investissement dès qu’il a été jugé prioritaire. De cette manière, le projet sera mené à bien quoi qu’il arrive, même si on espère toujours qu’une subvention permettra de réduire les coûts pour la municipalité.

Tous les participants ont mentionné que la recherche et la demande de financement constituent un défi supplémentaire pour les petites municipalités, où le personnel doit souvent assumer diverses tâches en plus de ses fonctions habituelles. Derry Wallis estime qu’il est utile de suivre de près les sources de financement qu’on connaît déjà pour le projet envisagé, et de joindre des personnes pouvant signaler d’autres sources qu’on ignore encore.

Partenariats de financement : Penser à l’échelle locale, agir à l’échelle régionale  

Tout le monde a convenu qu’il semblait contre-productif de consacrer un temps déjà limité à solliciter un financement que des centaines d’autres demandeurs briguaient également.  

Comme solution, Ewa Jackson suggère de mettre en place des partenariats régionaux. Mettre en commun les ressources et solliciter un financement plus important peut s’avérer plus efficace pour les demandeurs, et souvent plus intéressant pour les bailleurs de fonds.  

À cette fin, Rachel Mitchell recommande de tisser des liens avec les collectivités voisines dans la mesure du possible. Si ce n’est pas possible, elle conseille de ne pas écarter l’idée de travailler avec une collectivité plus éloignée. Un partenariat avec une collectivité située à une centaine de kilomètres et dont la situation est semblable peut également fonctionner.  

C’est beaucoup plus simple si on peut mettre ces ressources en commun et en discuter ensemble, affirme Rachel Mitchell. « On se sent ainsi moins seul, et je pense que ça fait toute la différence. »

Visionner le webinaire

Outils et ressources :

  • Mesures d’adaptation pour mettre en œuvre la résilience climatique : Une ressource du FMV pour aider les municipalités à déterminer les mesures à prendre pour gérer les risques climatiques dans leurs collectivités.
  • Perspectives climatiques : Une plateforme en ligne gratuite permettant aux collectivités canadiennes de trouver des données et des informations pertinentes et exploitables sur la construction de logements et d’infrastructures à faibles émissions de carbone et résilients.  
  • Boîte à outils Se préparer au financement : Conçue pour aider les municipalités à élaborer des projets d’infrastructures résilientes en vue d’un financement. Elle contient des outils permettant de définir et de hiérarchiser des projets d’infrastructures et des études de cas de projets pouvant être réalisés grâce à un financement novateur. 
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Sommaire

Cette étude de cas présente un cadre pratique que les gouvernements locaux ruraux peuvent adopter pour mettre en œuvre des pratiques d’économie circulaire axées sur les déchets de construction et de démolition. Destiné aux collectivités en transition économique, isolées géographiquement et disposant de ressources humaines et d’infrastructures limitées, ce cadre allie études de marché sur les matériaux, activités de mobilisation en personne et projets pilotes communautaires pour transformer les flux de déchets locaux en atouts économiques. En favorisant les échanges de matériaux et la valorisation, les municipalités rurales peuvent réduire leurs coûts, créer des emplois et renforcer leur résilience économique à long terme. 

Points saillants

Cette approche par étapes s’adresse aux gouvernements locaux ruraux et peut être adaptée à différentes régions, quelle que soit leur taille.

  1. S’appuyer sur des études de marché approfondies pour comprendre le secteur des résidus de construction et de démolition, cerner les occasions dans l’économie circulaire et évaluer les lacunes régionales.
  2. Favoriser les partenariats communautaires et diverses formes de participation en personne afin de valider les données, de définir les priorités et de soutenir la réutilisation à l’échelle locale.
  3. Tirer parti des actifs communautaires existants plutôt que de tout construire à partir de zéro.
  4. Soutenir l’emploi local, les entreprises sociales et les petites entreprises.

Contexte

Pourquoi les collectivités rurales ont-elles besoin d’une approche différente?
Historiquement, de nombreuses collectivités rurales ont reposé sur une économie fondée sur les ressources. À mesure que ces secteurs déclinent ou font l’objet de regroupements, elles doivent composer avec la transition économique en ne disposant que d’outils et de capacités limités. En milieu rural, la réussite repose sur la flexibilité, l’établissement de relations et la valorisation optimale des actifs locaux existants.

Les gouvernements locaux ruraux qui tentent de promouvoir des initiatives d’économie circulaire font souvent face à :

  • des volumes de matériaux et des marchés restreints et irréguliers;
  • une perte de valeur économique due au gaspillage lié aux activités de construction, de rénovation et de démolition;
  • des coûts de transport et d’élimination élevés;
  • des infrastructures de traitement locales limitées;
  • des contraintes de capacité au sein du personnel municipal;
  • une vulnérabilité économique suite à la fermeture d’entreprises;
  • un manque de politiques. 

Le défi : les obstacles structurels au développement de l’économie circulaire en milieu rural

La Synergy Foundation a élaboré un cadre qu’elle présente comme une approche de l’économie circulaire axée sur la collectivité. Ce cadre se compose de trois étapes : 

1. Comprendre les obstacles et les occasions à l’échelle locale
Il faut commencer par mener des études de marché sur les matériaux adaptés au contexte rural. Celles-ci permettent aux collectivités :

  • de déterminer quels résidus de construction et de démolition sont réellement récupérables et ont une valeur financière;
  • de comprendre le potentiel des marchés locaux et régionaux;
  • de quantifier les retombées économiques et les occasions d’emploi;
  • de cerner les compétences transférables existantes et les lacunes en matière de formation;
  • d’évaluer les lacunes régionales dans les politiques susceptibles de favoriser ou d’entraver la réutilisation des matériaux.

Ces données renforcent la confiance des conseils municipaux, du personnel et des partenaires.

2. Concevoir des solutions avec la collectivité, et non pour elle

Les collectivités rurales tirent profit d’un engagement en personne. Ce cadre met l’accent sur :

  • l’écoute des besoins exprimés par les membres de la collectivité et les entreprises;
  • la collaboration avec des intermédiaires communautaires jouissant déjà de la confiance de la population;
  • la validation des hypothèses avant de concevoir des solutions.

Cette étape garantit que les initiatives répondent à une demande réelle et non à des objectifs abstraits.

3. S’appuyer sur ce qui existe déjà

Plutôt que de créer de nouveaux systèmes à partir de zéro, les gouvernements locaux devraient :

  • tirer parti des entreprises sociales, des organismes de bienfaisance, des ateliers de fabrication collaboratifs et des petites entreprises;
  • évaluer le potentiel des infrastructures ou des espaces publics inutilisés ou sous-utilisés;
  • soutenir les partenariats qui alignent les objectifs économiques, environnementaux et sociaux;
  • déterminer les projets pilotes susceptibles de se développer au fil du temps.

Les exemples suivants montrent comment les collectivités rurales et isolées peuvent favoriser les résultats de l’économie circulaire en soutenant des initiatives concrètes et peu coûteuses s’appuyant sur les relations et les actifs existants au sein de la collectivité.

Group of employees in safety vests stand in the doorway of a brown wood-paneled building.

Remise de réutilisation du district régional de qathet, en collaboration avec Kindred ReBuild, mars 2026.

1. Réutiliser les remises pour créer un projet pilote ou une plateforme peu coûteuse et évolutive
La réutilisation des remises dans les stations de transfert, les décharges ou d’autres sites stratégiques constitue un point de départ pratique pour les collectivités qui souhaitent tester la réutilisation des résidus de construction et de démolition sans réaliser d’investissement initial important.

Exemple concret : District régional de qathet

  • Le district régional de qathet s’est associé à l’entreprise sociale Kindred ReBuild pour mettre en place une remise de réutilisation. Celle-ci offre un espace au sein de la station de transfert locale afin de récupérer les matériaux réutilisables et de les détourner de la décharge ou de l’élimination.
  • Les résidus sont triés, entreposés et proposés gratuitement à la collectivité, améliorant ainsi l’accès à des matériaux de construction abordables.

Gouvernement local :

  • Définition de la réutilisation comme une priorité pour la collectivité
  • Facilitation de l’accès au site et de son intégration dans les activités existantes de gestion des déchets
  • Mise en place d’un partenariat avec un organisme local de confiance pour soutenir les activités

2. Traitement à petite échelle pour accroître la valeur des matériaux et créer des emplois
Le traitement des matériaux (p. ex. le déclouage, le tri, le classement) augmente considérablement le potentiel de réutilisation et la valeur marchande des matériaux récupérés, tout en favorisant l’emploi local inclusif.

Exemple concret : District régional de Cowichan Valley

  • The ReUse People of Canada, organisme de bienfaisance enregistré, s’est associé à un transporteur local pour détourner et récupérer du bois de construction destiné à être transformé en combustible de chauffage ou envoyé à la décharge.
  • Le bois récupéré est débarrassé de ses clous et trié, ce qui crée des emplois locaux et assure un approvisionnement régulier en bois de récupération pour les utilisateurs finaux.

Gouvernement local :

  • Promotion des services et des possibilités de détournement des déchets au sein de la collectivité

3. Engagement en personne pour favoriser les échanges de matériaux
Les rencontres en personne ont régulièrement fait ressortir la possibilité de mettre en relation les producteurs de matériaux avec les transformateurs et les utilisateurs finaux.

Perspectives interrégionales :

  • L’établissement de relations a permis des échanges de matériaux immédiats et peu coûteux, sans nécessiter de nouvelles infrastructures.
  • Les partenariats communautaires, les activités à valeur ajoutée et le traitement local peuvent favoriser la création d’emplois, permettre la réutilisation des matériaux sur place tout en préservant leur valeur, et contribuer à la création d’un pôle d’économie circulaire pour les résidus de construction et de démolition.

Le cadre est conçu pour répondre aux défis par des solutions réalistes, par exemple :

  • Infrastructures de transport limitées → S’appuyer sur les infrastructures existantes pour intégrer davantage de services de transport.
  • Isolement géographique et coûts de transport → Privilégier la réutilisation locale et la création de valeur ajoutée plutôt que le recyclage dépendant des exportations.
  • Capacités municipales limitées → Recourir à des partenariats et à des projets pilotes pour renforcer les capacités en personnel.
  • Incertitude du marché → Commencer modestement, mettre à l’essai les hypothèses, mettre en place des projets pilotes et se développer progressivement.
  • Cycles de subventions et de financement → Investir dans les relations et une présence continue, plutôt que dans des études ponctuelles.

Les résultats

Principaux résultats attendus du cadre
Résultats économiques

  • Réduction de la dépendance à l’égard de l’exportation coûteuse des déchets
  • Création d’emplois locaux grâce à la réutilisation et au traitement
  • Maintien de la valeur des matériaux au sein des économies rurales
  • Résilience des chaînes d’approvisionnement locales contre les facteurs externes (p. ex. droits de douane)

Résultats environnementaux

  • Hausse de la valorisation des matériaux de construction et de démolition réutilisables
  • Réduction des émissions liées au transport sur de longues distances

Résultats sociaux et de gouvernance

  • Renforcement des partenariats entre les secteurs
  • Harmonisation avec les priorités établies par les collectivités

« Ce qui rend le projet Circular Hubs si attrayant, c’est son approche axée sur la collectivité. En ancrant les solutions d’économie circulaire dans l’engagement local et des projets pilotes concrets, il garantit que les avantages économiques et environnementaux se feront sentir localement et de manière durable. »
Jason Kouwenhoven, CPA, responsable des services environnementaux, district régional de qathet

Les avantages pour les collectivités rurales

Ce cadre permet aux collectivités rurales de passer d’une gestion réactive des déchets à un développement économique proactif. Il favorise l’accessibilité financière, renforce les entreprises locales et accroît la résilience pendant les périodes de transition. En conservant les matériaux, l’argent et les compétences localement, les collectivités acquièrent un contrôle accru sur leur avenir économique.

Les leçons apprises

  • Il faut investir dans un facilitateur local, quelqu’un qui est déjà bien ancré dans la collectivité.
  • Privilégier les interactions en personne et le réseautage chaque fois que cela est possible.
  • Veiller à ce que les efforts de sensibilisation et d’engagement touchent le secteur privé, les entreprises sociales, les innovateurs, les artistes et les créateurs.
  • Éviter les approches ponctuelles; la continuité est essentielle.
  • Tirer parti des actifs existants et amplifier le travail déjà accompli par les gens.
  • Mener des projets pilotes avant de passer à l’échelle pour réduire les risques.
  • Faire preuve de souplesse.

Prochaines étapes

Dans la région de qathet, les premières mesures sont déjà en cours dans le cadre d’un projet pilote naissant qui montre comment les collectivités rurales peuvent commencer à favoriser les résultats de l’économie circulaire en s’appuyant sur les relations et les infrastructures existantes. 

Kindred ReBuild, une entreprise sociale locale, récupère des matériaux directement sur un site industriel, renforce les partenariats locaux et accroît la réutilisation des matériaux au sein de la collectivité. Le projet pilote se concentre sur :

  • La récupération de matériaux à forte valeur ajoutée directement sur un site industriel, afin de les maintenir en circulation locale.
  • L’utilisation des infrastructures d’entreposage existantes sur site pour permettre une meilleure récupération des matériaux, leur entreposage temporaire, leur tri et leur redistribution à partir de remises de réutilisation et de canaux de vente au détail.
  • L’augmentation de la disponibilité locale des matériaux, avec la possibilité de réduire progressivement la dépendance aux approvisionnements provenant du Lower Mainland.
  • La mise en place d’un projet pilote de collecte directe des matériaux avec une entreprise de construction, afin de tester comment la récupération peut être intégrée dans les flux de travail courants de la construction sans nécessiter de nouvelles infrastructures.

L’expérience acquise permettra de tirer des leçons qui pourront servir à de futures collaborations, à la mise en place d’un traitement ciblé à petite échelle et à l’élaboration de politiques mieux adaptées aux réalités rurales. D’autres exemples seront présentés tout au long de ce projet.
 

Worker in red ball cap and orange safety vest stands inside an industrial space.

Kindred ReBuild récupère les matériaux excédentaires de l’ancienne scierie qathet, mars 2026.

Personne-ressource
Tai Uhlmann, gestionnaire de projet principale
Synergy Foundation
tai@synergyfoundation.ca

Autres ressources

Vous voulez découvrir tous les projets financés par le FMV? Consultez notre Base de données des projets approuvés pour obtenir une description détaillée des projets financés et inspirez-vous des projets d’autres municipalités de toutes tailles et de toutes les régions du Canada.

Visitez la Base de données des projets approuvés

Contexte

À Port Alberni, en Colombie-Britannique, la fermeture des principales scieries, qui constituaient depuis longtemps les piliers de l’emploi et de l’activité économique, a eu des répercussions profondes sur les travailleurs, les familles et l’ensemble de la collectivité. De plus, la population active de Port Alberni est confrontée à un taux d’activité inférieur à la moyenne, notamment en raison des facteurs suivants :

  • Une main-d’œuvre vieillissante (âge médian de 50 ans). 
  • Un niveau d’éducation plus faible (seuls 11 % de la population sont titulaires d’un baccalauréat, contre 29 % à l’échelle provinciale). 
  • Un revenu médian plus faible.
  • Des obstacles structurels à la participation, comme l’accès aux transports et aux services de garde d’enfants.

L’économie circulaire, source potentielle de 6,1 billions de dollars pour le Canada d’ici 2030, pourrait créer de nouveaux emplois pour ces travailleurs sous-employés.
 

Le défi

fonctionnement d’équipements, en fabrication, en logistique et en gestion des ressources naturelles, des compétences qui peuvent être directement mises à profit dans une économie circulaire. Cependant, les fermetures de scieries ont bouleversé le marché du travail local et de nombreux travailleurs se sont retrouvés sans perspective claire pour mettre à profit leur expérience dans de nouveaux secteurs durables. Les travailleurs concernés, directement ou indirectement touchés par la réduction d’activité des scieries, ont besoin de formation et de perfectionnement pour répondre aux besoins actuels et futurs du marché du travail local, et pour créer de nouvelles occasions économiques innovantes dans une économie locale en pleine mutation. C’est dans ce contexte que la Synergy Foundation a souhaité trouver des solutions pour faciliter cette transition.

Le problème ne résidait pas dans un manque de compétences ou de motivation, mais dans l’absence de parcours inclusifs ancrés dans la collectivité pour aider les travailleurs à évoluer vers des emplois durables et tournés vers l’avenir. L’urgence de diversifier l’économie locale, conjuguée à des obstacles structurels de longue date (notamment l’accès aux transports, aux services de garde d’enfants, à des logements abordables et à l’enseignement supérieur), a mis en évidence la nécessité de mettre en place des formations locales, rémunérées et à court terme, assorties de mesures de soutien permettant d’orienter les travailleurs vers des occasions d’emploi immédiates, tout en favorisant une main-d’œuvre plus résiliente et tournée vers l’avenir. 

Group of workers in a brightly lit industrial setting wearing yellow hard hard and orange safety vests.

Formation sur les principes fondamentaux de la construction écologique pour les secteurs de la fabrication et des technologies de l’information, mars 2026.

L’approche

Grâce à un financement de l’initiative canadienne pour le perfectionnement professionnel et les possibilités d’emploi, la Synergy Foundation a lancé un projet d’évaluation de la main-d’œuvre en pleine évolution de Port Alberni et d’exploration des secteurs émergents de l’économie circulaire.

Ce projet s’appuie sur la participation active des acteurs suivants :

  • les employeurs et les chefs d’entreprise locaux;
  • les Premières Nations et les organismes dirigés par des Autochtones;
  • les établissements d’enseignement supérieur et les organismes de formation;
  • les organismes de perfectionnement de la main-d’œuvre et de services d’emploi;
  • les spécialistes sectoriels et les associations professionnelles;
  • les représentants municipaux et régionaux chargés du développement économique et de la durabilité.

Le projet comprend les éléments suivants :

1. Étude du marché du travail et plan de perfectionnement de la main-d’œuvre
Élaboré en concertation avec les principaux acteurs locaux, ce plan d’action concret désigne les responsables et les partenaires, définit les critères de réussite, fixe les échéances, les budgets et les possibilités de financement.

2. Formations et stages financés
Quatre programmes de formation aux compétences en économie circulaire, adaptés aux besoins de la collectivité et proposés par des organismes locaux (le North Island College et la Coastal Restoration Society), mettent l’accent sur l’apprentissage pratique et s’accompagnent d’un soutien global aux participants. 

« La formation a été très positive. Nous avons acquis une expérience pratique, obtenu de nouvelles certifications et renforcé notre confiance en nous au fil du temps. C’est gratifiant d’investir en soi et de contribuer à des projets favorisant l’économie circulaire au sein de notre collectivité. »
-    Participant à la formation sur les principes fondamentaux de la construction écologique pour les secteurs de la fabrication et des technologies de l’information, avril 2026

Les résultats

Le plan de perfectionnement élaboré dans le cadre de ce projet est une stratégie décennale par étapes visant à constituer une main-d’œuvre spécialisée dans l’économie circulaire, afin de faire de Port Alberni une plaque tournante de la construction écologique, de l’innovation maritime, de la restauration de l’environnement et du tourisme régénératif.

Résultats attendus :

  • La définition de quatre parcours de formation prioritaires répondant à une forte demande locale, notamment dans les domaines de la construction et des projets liés au développement durable :
    • Principes fondamentaux de la construction écologique pour les secteurs de la démolition et de la récupération
    • Principes fondamentaux de la construction écologique pour les secteurs de la fabrication et des technologies de l’information
    • Secteur maritime, restauration et remise en état de l’environnement 
    • Développement durable pour les exploitants d’entreprise touristique
  • La mise en place d’un comité directeur pour orienter la conception des programmes et garantir la participation de la collectivité.
  • La conception de programmes de formation de courte durée, pratiques et directement liés aux occasions d’emploi.
  • Les partenariats et les connaissances autochtones sont privilégiés afin de favoriser un développement de la main-d’œuvre inclusif et adapté à la culture locale.

Les résultats attendus pour les formations de 2026 sont les suivants :

  • 48 personnes formées;
  • 15 personnes embauchées dans de nouveaux emplois.

Investir dans des initiatives communautaires, c’est investir dans les gens. En soutenant les travailleurs et les employeurs durant les périodes de transition, on renforce la résilience locale et on permet aux collectivités de trouver des solutions pour l’avenir. Des projets comme celui-ci, qui privilégient l’innovation verte et les capacités locales, contribuent à pérenniser nos collectivités tout en nous permettant d’atteindre nos objectifs environnementaux collectifs. Patty Hajdu, ministre de l’Emploi et de la Famille et ministre responsable de l’Agence fédérale de développement économique pour le Nord de l’Ontario.

Les leçons apprises

Voici quelques recommandations pour mener à bien des projets similaires :

  • Établir des partenariats avec des entreprises locales offrant des occasions d’emploi directes.
  • Collaborer avec les entreprises pour définir les compétences nécessaires à la formation de la main-d’œuvre future.
  • Proposer des incitations financières et un soutien pour encourager la participation et la fidélisation des participants.
  • Privilégier la participation en personne : plus de 60 personnes ont assisté à l’une des séances.
  • Mettre en place un comité directeur représentatif de l’ensemble de la collectivité afin de garantir que les résultats reflètent ses priorités.

Personne-ressource
Tai Uhlmann, gestionnaire de projet principale
Synergy Foundation
tai@synergyfoundation.ca 

Autres ressources

Vous voulez découvrir tous les projets financés par le FMV? Consultez notre Base de données des projets approuvés pour obtenir une description détaillée des projets financés et inspirez-vous des projets d’autres municipalités de toutes tailles et de toutes les régions du Canada.

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