Sommaire

À Brampton, les résidents et les partenaires communautaires du quartier Fletcher’s Creek ont élaboré un plan d’action d’aménagement de quartiers durables pour lutter contre les changements climatiques. Celui-ci comprend notamment un système de gestion des eaux visant à ralentir le ruissellement des eaux pluviales dans le ruisseau. Dans le cadre de ce projet, les infrastructures naturelles ont été choisies comme méthode rentable permettant un changement rapide. Le tout a permis à la Ville et à ses partenaires de mettre en place deux projets pilotes : un jardin de pluie en milieu scolaire et des cellules de biorétention en bordure de route.

Mise en contexte

A garden planted with grasses and trees runs alongside a road, with parked cars visible at left

La Ville de Brampton, dans le sud de l’Ontario, compte une population d’environ 650 000 habitants. La Ville a créé, pour son quartier Fletcher’s Creek, un plan d’action d’aménagement de quartiers durables, le Sustainable Neighbourhood Action Program (SNAP), en collaboration avec la municipalité régionale de Peel, les résidents, les écoles, les entreprises de la région et l’organisme Credit Valley Conservation (CVC). L’objectif était d’élaborer un plan à l’échelle du quartier pour lutter contre les changements climatiques et déployer d’autres initiatives environnementales. Ce secteur couvre 258 hectares de terres le long du ruisseau Fletcher et près de 8 800 personnes y vivent.

Défi

A group of construction workers gathered together outside, engaged in a discussion over a set of design plans

Le quartier se caractérise par un pavage important et une végétation minimale. Lors de fortes pluies, l’eau s’écoule rapidement dans le ruisseau Fletcher et cause des inondations, provoque de l’érosion et engendre de la pollution, ce qui modifie la température du ruisseau. Par ailleurs, le ruisseau abrite le méné long, un poisson figurant parmi les espèces en voie de disparition qui nécessite la mise en place de mesures de protection de l’habitat fédérales et provinciales.

Les problèmes de drainage sont fréquents dans le quartier. Par exemple, après les précipitations, le terrain de l’école publique Glendale se retrouve souvent trop gorgé d’eau pour que les élèves puissent y jouer. L’école souhaite également réaménager un terrain de baseball peu utilisé. Dans son étude de 2015 sur la revalorisation et l’amélioration de la gestion des eaux pluviales, la Ville avait désigné le secteur près de l’avenue Haggert en tant que zone prioritaire.

L’adoption d’une infrastructure verte à faible incidence comme mesure rentable de gestion des eaux pluviales était au cœur du SNAP de Fletcher’s Creek. La Ville, consciente de leur potentiel de mise en œuvre rapide, s’est empressée de lancer deux projets pilotes : un jardin de pluie à l’école publique Glendale et des cellules de biorétention le long de l’avenue Haggert.

Approche

A long-angle view of a completed trench running alongside a road, backfilled with gravel and dirt. The area is marked by construction safety cones and surrounded by fences for security

Les deux projets visaient à résoudre les problèmes de drainage, à réduire le volume des eaux de ruissellement qui se déversent dans le ruisseau Fletcher et à améliorer la qualité de l’eau en ralentissant le débit d’écoulement, en diminuant la température et en filtrant les particules solides en suspension dans l’eau de ruissellement. Ils cherchaient également à réduire les pointes de crue des eaux de ruissellement afin de réduire au minimum l’érosion dans le ruisseau.

À l’école publique Glendale, plus de 300 personnes, dont des membres du personnel, des élèves et des parents, ont conçu un jardin de pluie à partir d’une chaîne de traitement des eaux en vue d’obtenir les résultats suivants :

  • Réorienter les eaux de ruissellement de la cour d’école et des toits vers le jardin de pluie à l’aide d’une rigole gazonnée
  • Recueillir et absorber 200 m3 (27 mm) d’eau de ruissellement
  • Diriger l’eau de pluie vers un drain souterrain perforé, de façon à ce qu’elle puisse se déverser dans l’égout pluvial municipal lorsque le jardin est saturé et que la vanne de réglage est ouverte
  • Améliorer la couche arable existante pour augmenter sa capacité d’absorption et son taux d’infiltration
  • Faire pousser des plantes attrayantes pour les oiseaux et ajouter des commodités, comme des bancs et des sentiers
A group of construction workers busy in a garden, planting trees and grasses above the completed stormwater trench, adjacent to the road

Pour le projet de l’avenue Haggert, la Ville et l’organisme CVC ont collaboré à la conception et à la mise en place de trois cellules de biorétention visant à recueillir, à nettoyer et à refroidir les eaux de ruissellement de la rue avant qu’elles se déversent dans le ruisseau Fletcher. Si les précipitations sont assez importantes à cet emplacement, l’eau filtrée pénètre dans un drain souterrain perforé qui l’achemine vers le réseau municipal d’égouts pluviaux. Chaque cellule comprend des tuyaux de débordement qui empêchent la formation de flaques d’eau en orientant directement l’excès d’eau vers le réseau municipal d’égouts pluviaux.

Résultats

 A roadside garden with trees, grasses and mulch, with a drain visible that directs water from the street to the garden

Le jardin de pluie de l’école publique Glendale peut gérer les eaux de ruissellement issues d’une averse de 27 mm de pluie et recueillir jusqu’au 90e centile des précipitations pluviales annuelles dans la région. Le projet a amélioré la qualité des eaux de ruissellement en réduisant de 80 % la quantité totale de particules solides en suspension, en plus de diminuer la température en refroidissant les eaux de ruissellement avant qu’elles se déversent dans le ruisseau Fletcher. Le jardin de pluie a également augmenté la capacité de stockage d’eau de 800 m3 au total, ce qui réduit le risque d’inondation en cas d’orage fort tout en résolvant le problème de drainage de l’école.

Les cellules de biorétention de l’avenue Haggert, quant à elles, recueillent et traitent jusqu’à 90 % des précipitations pluviales annuelles moyennes et fournissent 63 m3 de stockage d’eaux pluviales.

Another angle of the roadside garden with trees, grasses and mulch, with a drain visible that directs water from the street to the garden

Les deux initiatives ont suscité de l’intérêt un peu partout au pays et ont été présentées sur divers sites Web, dont celui du Sustainable Technologies Evaluation Program (STEP). On estime qu’elles peuvent être reproduites et déployées à grande échelle. Le travail de collaboration qui a rendu possible le jardin de pluie de l’école publique Glendale, qui est considéré comme le plus grand jardin pluvial du pays, a par ailleurs reçu un prix « Friends of the Credit Conservation » dans le cadre de ce projet.

Retombées

The completed garden with trees, grasses and mulch along the road

En plus d’assurer la gestion des eaux pluviales, les deux initiatives améliorent les espaces publics et augmentent le couvert forestier rafraîchissant dans ce secteur de la ville particulièrement vulnérable à la chaleur. Elles ajoutent aussi de nouveaux habitats importants pour les insectes pollinisateurs et protègent des espèces terrestres et aquatiques. Le jardin de pluie a également représenté une occasion d’apprentissage pour les élèves de l’école primaire et les bénévoles.

Qui plus est, les deux projets pilotes servent d’exemples aux propriétaires pour la mise en œuvre de projets semblables sur leurs propriétés.

Au total, une nouvelle zone de drainage de 19 690 m2 est maintenant desservies, et 85 arbres et arbustes indigènes ainsi que 5 000 fleurs sauvages, graminées et haies ont été plantés. Plus de 600 personnes (résidents, jeunes, bénévoles d’entreprises et groupes scolaires) ont participé à ces projets en posant des gestes concrets et en s’informant sur l’amélioration de la gestion des eaux pluviales.

Enseignements tirés

L’un des principaux enseignements tirés de la phase de mise en œuvre du jardin de pluie de l’école publique Glendale est l’importance d’une surveillance et d’un contrôle fréquent des travaux de construction sur le site afin de prévenir les difficultés. Le choix du bon entrepreneur est déterminant. S’il n’est pas possible de faire appel à un entrepreneur ayant déjà une expérience de la construction d’aménagements écologiques à faible incidence, la meilleure solution consiste à trouver un entrepreneur qui a la volonté d’apprendre.

Il ne faut pas négliger l’importance de la planification et de la mobilisation des parties prenantes pour définir les objectifs et les priorités avant l’étape de la conception.

Prochaines étapes

La Ville continue de faire le suivi des trois cellules de biorétention afin de comparer l’efficacité des différents plans de plantation. Elle se penche également sur la possibilité d’installer de nouvelles cellules de biorétention et d’autres jardins de pluie ailleurs dans la ville. De son côté, CVC a lancé d’autres initiatives semblables dans le bassin versant de la rivière Credit en s’appuyant sur les enseignements tirés de ces projets, notamment la construction de deux nouveaux jardins de pluie en milieu scolaire dans le cadre du SNAP de Fletchers Creek.

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