Découvrez les initiatives environnementales exceptionnelles qui ont reçu les Prix des collectivités durables 2022 de la FCM dans cinq catégories.

Les lauréats de cette année font preuve de vision, de leadership et d'engagement envers les pratiques durables, tout en apportant des avantages sociaux et économiques à leurs communautés. De l'Île-du-Prince-Édouard à l'Alberta, des projets de gestion des actifs naturels à la rénovation des bâtiments de loisirs, tout le monde a quelque chose à apprendre. 

Découvrez le contexte, le défi, l'approche, les obstacles, les retombées et les prochaines étapes de chaque projet.

Gestion des actifs naturels :

Atténuation des changements climatiques :

Matières résiduelles :

Rénovation des logements abordables :

Rénovation des bâtiments de loisirs :

Les lauréats ont présenté leurs projets à la Conférence sur les collectivités durables (CCD) 2023. Voir toutes les présentations des lauréats sur la chaîne YouTube de la FCM.

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Lauréat des Prix des collectivités durables 2022 de la FCM dans la catégorie de l’atténuation des changements climatiques

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Sommaire

Dans le but de diminuer les émissions de gaz à effet de serre provenant du transport et d'offrir des options de transport plus équitables, un groupe de municipalités de la région Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et la Régie intermunicipale des transports Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine (RÉGÎM) se sont associés pour créer TCiTé. Ce projet de mobilité partagée vise à atténuer le besoin de véhicules privés en utilisant la technologie MaaS (Mobility as a service), afin d’offrir des voitures et des vélos électriques (VÉ) en libre-service, des services de taxi et d'autres options de transport, et comprend l'achat de véhicules électriques par la municipalité. Jusqu'à présent, le projet s'est révélé prometteur en tant que moyen d’abaisser les émissions et les coûts de carburant tout en favorisant l'électrification et des moyens de transport plus collectifs.

Contexte

Situées dans le Québec atlantique, la péninsule de Gaspé et les Îles-de-la-Madeleine forment une seule région administrative qui compte une population d'environ 90 000 personnes réparties sur plus de 20 000 kilomètres carrés. La majorité des résidents vivent à plus de trois kilomètres des services essentiels tels que les épiceries et les prestataires de soins de santé. La région Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine est desservie par l'organisme de transport RÉGÎM, qui exploite un certain nombre de lignes de transport en commun ainsi que des options de transport accessibles.

Le défi

Malgré la prévalence des véhicules privés dans la région, il existe toujours une demande pour d’autres options de transport, non seulement pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi pour offrir des solutions aux personnes qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas se déplacer avec leur propre voiture, notamment les jeunes, les personnes âgées, les résidents à faible revenu et les personnes qui ne peuvent pas conduire.

Afin d’aider à desservir cette population et à abaisser l'empreinte carbone de la région, la RÉGÎM et un groupe de municipalités locales (Gaspé, Carleton-sur-Mer, Chandler, Grande-Rivière, Maria et Les Îles-de-la-Madeleine) étaient à la recherche de solutions novatrices en vue d’élargir leur offre de transport durable et réduire le besoin de véhicules privés tout en rapprochant la communauté.

L’approche

En 2019, le groupe a lancé le projet de transport TCiTé. L’objectif consistait à trouver des moyens de rendre les options de transport plus durables. L'un des principaux aspects de cette démarche était de diminuer les émissions de gaz à effet de serre de la région associées au transport, mais on avait également en tête de dynamiser et de revitaliser les collectivités et les centres-villes. On espérait également que la réduction du besoin et de l'utilisation de véhicules contribue à accroître les revenus disponibles et, par conséquent, à enrichir les collectivités.

Après avoir réalisé des études de faisabilité, le groupe a décidé de lancer rapidement un projet pilote pour améliorer la disponibilité des transports dans la région. Trouver des moyens d'utiliser la technologie pour rendre l'ensemble du système plus intelligent était une priorité absolue, tout comme l'accent mis sur l'économie du partage et l'électrification. Le plan comportait les éléments suivants :

  • Ajout de véhicules électriques (VÉ) aux parcs municipaux;
  • Optimisation et électrification du transport en commun;
  • Installation de bornes de recharge et d'autres infrastructures nécessaires;
  • Mise en place d’outils numériques (Maas) pour aider les résidents et le personnel à utiliser, optimiser et coordonner les différents moyens de transport;
  • Développement et promotion de l'autopartage, du covoiturage, des services de taxi et de type Uber et de moyens de transport actifs tels que les vélos électriques.

Les municipalités ont acheté 10 VÉ avec les infrastructures connexes en 2019. Il s'agissait d'un élément clé du plan pour un certain nombre de raisons :

  • Le fait que le personnel municipal et les élus utilisent un VÉ lorsque cela est possible plutôt qu'un camion à essence réduirait directement les émissions de GES des employés.
  • Ces véhicules serviraient de modèles aux membres de la communauté curieux de connaître les VÉ, et montreraient qu'ils conviennent à la région et que les municipalités sont prêtes à les soutenir.
  • Les VÉ municipaux seraient mis à la disposition des membres de la collectivité en dehors des heures de travail (généralement les soirs et les week-ends) dans le cadre du service d'autopartage TCiTé, au coût de 7 $ l’heure.

Les VÉ ont été dotés d'un module d'information permettant de suivre des éléments tels que le niveau de la batterie, l'état de charge et la localisation actuelle, et d’assurer l'accès au moyen de cartes RFID plutôt que de clés. Chaque municipalité participante a également mis au point sa propre version de station-service électrique, un centre qui propose la recharge des VÉ ainsi que d'autres équipements, tels que des abribus, des supports à vélos et des vélos électriques appartenant à la collectivité.

La collaboration entre la municipalité et la RÉGÎM a permis de partager les responsabilités d'une manière qui anticipe les problèmes éventuels. Par exemple, alors que les bureaux municipaux ont tendance à être fermés le soir et le week-end, l'organisme de transport était déjà en activité pendant ces périodes. Ils étaient donc tout désignés pour superviser les relations avec les utilisateurs de VÉ dans l'ensemble de la collectivité.

Les obstacles

L'un des principaux défis de la mise en œuvre a été de persuader les employés habitués à utiliser des camionnettes pour tout, ou à utiliser leur propre véhicule pour les déplacements liés au travail, qu'ils devraient utiliser des VE à la place lorsque possible. L’éducation sur l'utilisation du « bon véhicule pour le bon travail » a encouragé le personnel à faire le saut.

Un autre obstacle était lié à l'assurance du véhicule. Les municipalités ont dû convaincre les assureurs d'étendre la couverture des VÉ afin qu'elle englobe l’autopartage.

Les résultats

Les 10 VÉ achetés ont eu un impact direct sur l’environnement des collectivités : l'utilisation d'un VÉ plutôt que d'un véhicule à essence réduit les émissions de 95 %. Les municipalités participantes ont constaté une baisse de la consommation de carburant et de l'usure des véhicules : selon les estimations, le remplacement des véhicules à essence par des VÉ pourrait entraîner des économies de carburant allant jusqu'à 84 %.  

De juin 2021 à mars 2022, 175 utilisateurs ont effectué au total 300 réservations; il s’agissait d’utilisateurs internes (employés et élus) et externes (membres de la collectivité).

Les retombées

Le programme d’autopartage offre un certain nombre d'avantages :

  • Le recours au parc automobile par des utilisateurs externes le soir et le week-end est une source de revenus pour les municipalités.
  • En offrant aux membres de la collectivité des locations à l'heure, on leur donne l'occasion d'essayer un véhicule électrique, ce qui pourrait les motiver à en acheter un eux-mêmes lorsque le moment sera venu de remplacer leur véhicule actuel.
  • Le système de gestion et de réservation qui a été mis sur pied pour administrer le programme d’autopartage peut être utilisé par d'autres organisations.

En outre, le programme TCiTé dans son ensemble a eu et aura de nombreux avantages pour la collectivité, notamment :

  • Diminution de l’utilisation et de l’entretien des véhicules personnels
  • Promotion des voyages sûrs pour tous, en gardant à l'esprit l'équité
  • Dynamisation et revitalisation des communautés régionales
  • Mise en place d’un système de transport en commun abordable pour les collectivités
  • Installation de bornes de recharge électrique qui serviront de « haltes » et d’attractions touristiques
  • Liaison des villes et des petites municipalités en créant des itinéraires de déplacement en VÉ
  • Réduction des coûts de transport et aide apportée aux travailleurs qui ne possèdent pas de véhicule

Les enseignements tirés

Un aspect clé de ce projet a été la communication et la sensibilisation. Les partenaires ont appris qu'il n'y a jamais trop de formations et de renseignements. Ainsi, les utilisateurs qui s'inscrivent au service d’autopartage reçoivent un dossier d'information contenant tout ce qu'ils doivent savoir, et l'équipe a créé une foire aux questions pour aider le personnel du service clientèle à répondre aux questions courantes.

Le groupe s'est rendu compte que les élus et les employés municipaux sont des membres très visibles de la communauté et qu’à ce titre, les moyens de transport qu'ils choisissent pour se déplacer ont un effet persuasif. Encourager ces groupes à participer activement à des projets de transport tels que TCiTé permet à la fois de montrer l'exemple et de renforcer le sentiment d'appartenance à la communauté.

Un autre aspect clé de ce projet a été l'expérimentation et l’agilité. Les partenaires n'étaient pas certains, dès le départ, de la façon dont le personnel et les membres de la communauté utiliseraient les VÉ, et ont veillé à être ouverts à différentes options au fur et à mesure que le programme se développait. Par exemple, ils ont commencé avec un tarif de location à l'heure, mais ils se sont rapidement rendu compte que certains utilisateurs souhaitaient louer un véhicule pour une journée entière; ils se sont donc adaptés en proposant également un tarif journalier.

Les prochaines étapes

Les partenaires du projet sont satisfaits des résultats obtenus jusqu'à présent et le transport durable continue de faire partie de la vision à long terme des décideurs. Les objectifs futurs sont les suivants :

  • Accroître le nombre et la variété des véhicules disponibles
  • Travailler avec un plus grand nombre de municipalités intéressées en vue d’inclure dans leur budget l'achat de VÉ pour l’autopartage
  • Continuer à promouvoir l'économie du partage au sein du secteur public

En ce qui concerne l'électrification en particulier, la RÉGÎM a décidé de faire passer l'ensemble de son réseau de transport à l'électricité, non seulement pour des raisons écologiques, mais aussi pour des motifs économiques et sociaux.

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Lauréat des Prix des collectivités durables 2022 de la FCM dans la catégorie de gestion des actifs naturel

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Sommaire

Si les actifs naturels tels que les zones humides sont connus pour apporter des avantages tangibles et intangibles aux communautés, leur valeur peut être difficile à chiffrer. La municipalité albertaine du comté de Parkland a été confrontée à la fois à des phénomènes météorologiques extrêmes et à la dégradation des infrastructures naturelles; elle souhaitait évaluer les coûts et les avantages du maintien et de la restauration des zones humides et d'autres écosystèmes. En s'associant au niveau du bassin versant avec des ONG locales et des universitaires, elle a pu mener à bien un projet de cartographie, de modélisation et d'analyse afin de mieux comprendre la valeur de ces écosystèmes et d'établir une analyse de rentabilité quantifiable pour les préserver et les remettre en état non seulement à l'intérieur de ses propres frontières, mais également dans les territoires adjacents.

Contexte

Le comté de Parkland est une municipalité qui présente une grande diversité de paysages. Ses zones orientales subissent une forte pression de la part du développement urbain, tandis que la partie occidentale est plus agricole, avec de nombreuses terres cultivées et fermes d’élevage. D'un point de vue écologique, le comté englobe un certain nombre d'écosystèmes, notamment des zones humides, des cours d’eau et des petits lacs, et abrite donc une grande quantité d'habitats éventuels et une riche biodiversité. Cependant, la municipalité a connu une perte de 56 % de sa superficie de zones humides entre 1950 et 2013, et seulement 53 % de ses zones riveraines restent intactes. 

Le comté chevauche le bassin versant de Modeste, une zone d'environ 4 800 kilomètres carrés en amont d'Edmonton qui se déverse dans la rivière Saskatchewan Nord et influence l'eau potable de plus de 1,6 million de personnes.

Ces dernières années, le comté de Parkland et la région environnante ont subi un certain nombre de phénomènes météorologiques extrêmes, dont les suivants :

  • Feux de forêt à grande échelle dans les tourbières et les forêts perturbées,
  • Inondation des routes, des propriétés privées et des terres agricoles,
  • Perturbation des centres de traitement de l'eau attribuable à des volumes élevés d'eaux de ruissellement contaminées à la suite de gros orages,
  • Conditions de sécheresse entraînant d'importantes pertes agricoles.

Non seulement ces événements dégradent la qualité de vie des résidents, mais ils ont aussi un impact sur la prestation des services et augmentent les coûts.

Face à ces défis et à la menace croissante du changement climatique, la municipalité et ses partenaires se sont posé les questions suivantes : Dans quelle mesure les actifs naturels tels que les zones humides contribuent-ils à atténuer les effets des phénomènes météorologiques extrêmes et des modifications du paysage au fil du temps? Et comment les municipalités pourraient-elles améliorer cette infrastructure naturelle en vue de soutenir la résilience climatique et de diminuer les coûts d'entretien?

Le défi

Trop souvent, les espaces naturels tels que les zones humides sont considérés comme des terres improductives dont le seul usage utile serait le développement. Cependant, il est prouvé qu'au-delà de leur valeur intrinsèque, ces écosystèmes offrent une valeur sociale, économique et structurelle quantifiable pour la communauté locale et mondiale, notamment les bienfaits suivants :

  • Filtration et rétention de l'eau
  • Augmentation de la capacité de stockage de l'eau en cas de sécheresse
  • Diminution du risque d'inondation
  • Piégeage du carbone
  • Amélioration de l'habitat des animaux sauvages et enrichissement de la biodiversité

Le comté de Parkland et ses partenaires ont voulu calculer cette valeur et évaluer les coûts et les avantages de la préservation et de l'amélioration des zones humides et d'autres infrastructures naturelles sur les terres agricoles pour les services municipaux, la production agricole et la communauté dans son ensemble.

L'objectif était de quantifier les économies de coûts, l'efficacité et d'autres paramètres de manière à faciliter la prise de décision par les parties prenantes municipales, et de mettre en évidence les répercussions négatives potentielles en cas de nouvelles pertes d'écosystèmes.

L’approche

Le projet était fondé sur la reconnaissance du fait que pour atteindre avec succès les objectifs environnementaux, il fallait intégrer les questions écologiques dans tous les aspects de l'utilisation des terres et de la prestation des services fournis par une municipalité. En outre, comme de nombreuses décisions municipales sont prises dans le cadre du processus budgétaire, il est important de démontrer les économies ou le rapport coût-efficacité lorsqu'on souligne la valeur des infrastructures naturelles pour améliorer la prestation de services et la résilience climatique.

Le fait que les écosystèmes naturels ne coïncident pas avec les frontières municipales a également joué un rôle. Les modifications apportées aux terres d'une municipalité auront en fin de compte des répercussions sur les autres municipalités du bassin versant, ce qui signifie que ces projets ont tout à gagner à être menés à l’échelle régionale ou en collaboration.

On s'attend à ce que l'importance des actifs naturels augmente dans le cadre d'un climat en évolution, et c'est pourquoi les données climatiques et les questions connexes ont été intégrées dans l'analyse.

Le plan comprenait deux phases. La première consistait à comprendre la valeur des écosystèmes et les coûts de leur restauration. La seconde visait à établir une analyse de rentabilité quantifiable pour l'utilisation de solutions d'infrastructure naturelle afin d'aider à résoudre les problèmes de drainage actuels. Les deux phases comprenaient les initiatives suivantes :

  • Cartographier et modéliser les actifs naturels actuels et l'incidence d'une série de scénarios - projets de restauration déjà mis en œuvre, restauration supplémentaire d'actifs naturels et perte supplémentaire d'actifs naturels - sur la qualité de l’eau et sa quantité;
  • Quantifier les coûts réels de la restauration des actifs naturels sur le terrain;
  • Analyser le coût potentiel par rapport aux avantages de la remise en état des actifs naturels pour les services municipaux d'entretien des routes et de traitement de l'eau, l'assurance agricole et les loisirs publics;
  • Déterminer les actifs prioritaires à restaurer pour atteindre les objectifs municipaux en matière de qualité de l'eau de la manière la plus rentable et la plus efficace possible sur le plan foncier;
  • Cartographier les points chauds en matière de drainage et évaluer les coûts et avantages potentiels de la remise en état des actifs naturels en amont afin d’améliorer les niveaux de service, de réduire les coûts d'entretien des routes et de s'adapter au changement climatique.

Les obstacles

Le projet a révélé une série d'obstacles à la gestion des actifs naturels pour le comté, dont les suivants :

  • Manque de normalisation pour l'établissement des inventaires d'actifs naturels, l'évaluation et les rapports financiers;
  • Capacité et ressources limitées en personnel, problème courant dans les petites municipalités de l'Alberta;
  • Politiques et règlements contradictoires susceptibles d’encourager indirectement l'élimination d'actifs naturels tels que les zones humides;
  • Grandes lacunes sur le plan des données relatives aux systèmes d'actifs ruraux, tant naturels que traditionnels.

Les infrastructures naturelles constituent un nouveau défi pour de nombreuses municipalités. Leur intégration dans la planification, l'exploitation et le financement n'est pas une tâche simple; il faudra pour cela recueillir et analyser de nouvelles données et établir des relations avec les propriétaires privés et les autres parties prenantes.

Les résultats

Dans l'ensemble, le projet a démontré que les municipalités peuvent et doivent tenir compte de la valeur des actifs naturels dans leurs décisions courantes. Le comté de Parkland a désormais une meilleure compréhension de la valeur des actifs naturels pour sa communauté, notamment en ce qui concerne son réseau routier et de drainage, ainsi que des coûts financiers du changement climatique. Par exemple, la modélisation montre que les actifs naturels sont des outils réalisables pour l'adaptation climatique des infrastructures routières.

Le conseil, la direction et le personnel sont désormais tous mieux préparés pour prendre des décisions avisées concernant les actifs naturels. Ils utilisent les résultats et les recommandations de ce projet pour mieux comprendre la valeur des infrastructures naturelles ainsi que l'impact potentiel de leur perte sur la communauté, et pour intégrer la prise en compte des actifs naturels dans le processus décisionnel. Par exemple, le personnel chargé de la planification et de l'aménagement peut désormais mieux justifier le maintien d'une zone humide lors de l'aménagement du territoire pour son potentiel de gestion de l'eau.

Le projet a également aidé le personnel à estimer le coût de la réalisation de certains objectifs de qualité et de quantité de l'eau par la restauration des actifs naturels, afin qu'il puisse établir des priorités budgétaires en conséquence.

Par exemple, l'un des objectifs poursuivis est de réduire la quantité totale de solides en suspension dans les cours d'eau. Ces particules (sédiments, bactéries et algues) flottent dans l'eau sans se dissoudre, et provoquent une augmentation de la température de l'eau et une diminution de l'oxygène, ce qui entraîne une baisse de la qualité de l'eau. La municipalité a estimé qu'il en coûtera 170 303 $ par an pour réduire la quantité totale de solides en suspension dans les cours d'eau de 5 % (3 000 tonnes) chaque année en aménageant des zones humides et des zones tampons riveraines. Leur modélisation indique également où placer ces atouts naturels pour obtenir le meilleur impact au moindre coût.

Les retombées

L’initiative a présenté un certain nombre d'avantages supplémentaires, dont les suivants :

  • Augmentation des données utiles sur les infrastructures naturelles de la région, comme l’établissement de nouvelles cartes d'actifs montrant la gestion et l'utilisation des terres agricoles, et un système de gestion des actifs amélioré.
  • Amélioration de la dynamique d'intégration de la gestion des actifs naturels dans l'ensemble de l'organisation.
  • Précieuses recommandations visant à enrichir la base de données et la tenue des dossiers sur les problèmes de drainage de la municipalité, afin que le personnel puisse mieux gérer et améliorer ces actifs et trouver des moyens par lesquels les actifs naturels peuvent relâcher la pression sur les infrastructures traditionnelles.
  • Instauration de partenariats communautaires plus solides, par exemple avec les agriculteurs et les éleveurs, et renforcement des incitations pour ces membres de la communauté à participer à la restauration des actifs naturels.
  • Amélioration de la salubrité de l'eau et des écosystèmes, y compris l'augmentation des habitats de la faune et des pollinisateurs, une meilleure qualité de l'eau et la séquestration du carbone.
  • Meilleure compréhension du coût du changement climatique.

Les enseignements tirés

Avant tout, l'équipe a conclu que l'engagement du personnel à tous les niveaux était la clé de la réussite du projet. Par exemple, le personnel a pu donner son avis sur la manière dont ses réalités quotidiennes sont liées à la réflexion globale sur les infrastructures naturelles.

Ce projet a également mis en évidence l'importance du partenariat avec les producteurs agricoles dans des cas comme celui-ci, où les actifs naturels en question se trouvent sur des terres agricoles. À cette fin, l’équipe administre le programme ALUS, dans le cadre duquel les agriculteurs et les éleveurs reçoivent une aide financière pour conserver et remettre en état les actifs naturels sur leurs terres. Les résultats de ce projet sont maintenant utilisés pour classer par ordre de priorité le financement des projets ALUS ainsi que pour orienter les communications vers les domaines où les améliorations des actifs peuvent avoir le plus d'impact.

Un autre constat digne de mention a été que les analyses des infrastructures naturelles sont très spécifiques au site et qu'une modélisation locale est nécessaire.

Les prochaines étapes

L’intention du comté de Parkland est d'accroître l’intégration de la gestion des actifs naturels et de l'adaptation au changement climatique dans les politiques et les documents de planification existants. Par exemple, le personnel intègre les résultats du projet dans le nouveau plan directeur des eaux pluviales afin de donner la priorité aux infrastructures naturelles qui ont une grande incidence sur le drainage.

Le personnel espère également que le projet pourra déboucher sur un plan de gestion des actifs plus solide et mieux configuré, comprenant des actifs naturels inventoriés ayant une valeur financière quantifiable pour le comté. Cela facilitera le passage à l'enregistrement des actifs naturels dans les bilans municipaux.

En outre, les partenaires du projet ont l'intention d'étendre leur évaluation au niveau du bassin versant. Il s'agira de partager leur approche avec les municipalités voisines par le biais d'alliances régionales de planification des bassins versants.

Depuis l'achèvement du projet, le comté de Parkland a réalisé et lancé un certain nombre d'initiatives connexes :

  • Intégration dans la mise à jour de son plan d’aménagement municipal d’une politique exigeant des promoteurs immobiliers qu'ils cernent et atténuent les répercussions négatives sur les actifs naturels au cours du processus d’aménagement du territoire.
  • Demande de financement pour réaliser un inventaire des ressources naturelles dans l'ensemble du comté et pour mettre à jour ses normes de conception technique afin d'inclure des options ou des exigences en matière d'infrastructures naturelles, ainsi que des infrastructures grises pour la gestion des eaux de pluie et l'aménagement paysager.
  • Mise en œuvre d’un projet d’aménagement de zones humides de quatre hectares et d’un projet de bio-ingénierie du littoral, qui ont tous deux été reliés à la route et au système de drainage afin d'atténuer les problèmes d'érosion et d'inondation.

Citation :

« Dans le comté de Parkland, notre objectif n'est pas seulement d'intégrer les aspects liés à la durabilité dans le processus de gestion des actifs, mais d'intégrer aussi ce processus dans nos programmes environnementaux et de développement durable. »

– Krista Quesnel, Directrice, Community Sustainability

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