Dans les trois districts régionaux de la Colombie-Britannique étudiés par la Synergy Foundation, on estime que 20 % des résidus de construction et de démolition sont gaspillés chaque année. Grâce à des réseaux d’échange, il est possible de continuer à utiliser des matériaux de valeur, ce qui permet de réduire les déchets et de favoriser l’économie circulaire.

Transformer les résidus de construction et de démolition en occasions de développement économique local

Chaque année, d’importants volumes de résidus de construction et de démolition, comme le bois, le métal, le béton, les fenêtres, les revêtements et les armoires, sont enfouis malgré leur potentiel de réutilisation et leur valeur sur le marché. La Synergy Foundation a commandé des études de marché sur ces résidus dans trois districts régionaux de la Colombie-Britannique, qu’elle a associées à des activités de consultation communautaire et à des projets pilotes visant à mettre en place des réseaux d’échange régionaux. Ces réseaux montrent comment un traitement local, des partenariats communautaires et des activités à valeur ajoutée peuvent créer de nouveaux emplois, conserver la valeur des résidus au niveau local et poser les bases d’un pôle d’économie circulaire pour les résidus de construction et de démolition.

Résidus de construction et de démolition : valeur perdue et répercussions économiques

  • Environ 33 000 tonnes de résidus de construction et de démolition envoyées aux sites d’enfouissement chaque année
  • Création de 25 emplois directs potentiels grâce au détournement de la moitié des résidus de construction et de démolition
  • Contribution économique directe potentielle de 2,57 millions de dollars
  • Trois districts régionaux participant à des études sur le marché des résidus 
  • Douze entreprises participant à des évaluations d’entreprises d’économie circulaire
  • Trois projets pilotes démontrant des échanges de résidus et un traitement à valeur ajoutée sur place
  • Capacité de traitement de 140 à 150 tonnes par an de bois de récupération
  • Traitement de 8 000 kg de plastique en un an, avec une augmentation de la capacité prévue
  • Douze réseaux d’échange de résidus en cours avec des entreprises et des organismes locaux dans les trois régions
  • Participation de 196 organismes et entreprises

Contexte

Les districts de qathet, d’Alberni-Clayoquot et de Cowichan Valley sont liés par une histoire économique ancrée dans les secteurs des ressources primaires et de la fabrication. Ils traversent actuellement une transition économique, marquée par le ralentissement des scieries et les changements plus généraux dans le secteur forestier. La construction et la rénovation restent des moteurs économiques importants, employant environ 10 % de la main-d’œuvre et générant des volumes importants de résidus de construction et de démolition. Ce secteur est à la fois une source majeure de production de déchets et une grande occasion pour mettre en œuvre des solutions d’économie circulaire qui soutiennent l’emploi local et la résilience économique.

Freins à la mise en valeur des résidus de construction et de démolition

Les résidus de construction et de démolition constituent l’un des flux de déchets les plus importants et à la croissance la plus rapide au Canada, mais ils recèlent souvent une valeur considérable. La Synergy Foundation voulait mieux comprendre les flux de résidus, leur potentiel sur le marché et les conditions nécessaires pour les réutiliser dans les districts de qathet, d’Alberni-Clayoquot et de Cowichan Valley, tout en tenant compte de certains défis majeurs qui limitent leur valorisation, notamment :

  • Compréhension limitée de la véritable valeur économique des résidus de construction et de démolition;
  • Contamination élevée due à de mauvaises pratiques de tri à la source;
  • Marchés locaux fragmentés ou inexistants;
  • Manque de liens entre les producteurs de résidus, les transformateurs et les utilisateurs finaux;
  • Absence de politiques et de mesures incitatives locales.

L’objectif final était de renforcer la capacité locale en matière d’économie circulaire, en augmentant la part des résidus de construction et de démolition détournée vers la réutilisation, le recyclage et la fabrication à valeur ajoutée.

Mettre en place des réseaux d’échange locaux de résidus de construction et de démolition

La Synergy Foundation a reçu une subvention dans le cadre du programme provincial de diversification économique rurale et d’infrastructure (REDIP) de la Colombie-Britannique afin d’élaborer des stratégies de pôles d’économie circulaire dans les trois districts régionaux et de mieux comprendre comment la valeur des résidus de construction et de démolition pourrait être valorisée à l’échelle locale.

Trois études de marché sur les résidus ont été commandées pour :

  • quantifier les volumes et la valeur des résidus de construction et de démolition récupérables;
  • déterminer les résidus prioritaires à potentiel de marché à court terme;
  • estimer les retombées sur l’emploi;
  • mettre en évidence les obstacles, comme la contamination, le manque de tri et les lacunes dans les politiques.

Plusieurs séances de consultation en personne ont réuni des acteurs de divers secteurs, dont des entreprises locales, des entreprises sociales et des artistes, dans le but :

  • d’établir des liens entre les entreprises locales;
  • de trouver des idées et des solutions concernant les résidus difficiles à valoriser;
  • de valider les priorités et les prochaines étapes pour faire avancer les efforts de valorisation.

Trois projets pilotes ont été mis en place pour présenter concrètement le fonctionnement des échanges de résidus.

1. District régional d’Alberni-Clayoquot
L’Alberni Valley Makerspace et une entreprise locale de construction ont démontré qu’il est possible d’utiliser des résidus de construction et de démolition récupérés pour fabriquer localement des produits à petite échelle, par exemple :

  • en traitant environ 8 000 kg de plastique en 2025 (l’objectif est de 16 000 kg pour 2026);
  • en transformant des plastiques de construction en biens de consommation entièrement recyclés, comme des cintres pour combinaisons de plongée fabriqués à partir de tuyaux de ponceau en plastique recyclé.
Old grey and black speckled culvert sitting in a workshop setting.

Des tuyaux de ponceau en plastique récupérés en cours de transformation en plateaux de table à l’Alberni Valley Makerspace, janvier 2026.

2. District régional de Cowichan Valley
The ReUse People of Canada (TRP), un organisme de bienfaisance enregistré, a collaboré avec DL Bins, une entreprise locale de collecte et de gestion des déchets, pour faciliter la réutilisation et le traitement du bois de récupération par :

  • la mise en place d’un approvisionnement régulier en bois de récupération à prix abordable pour divers acheteurs et utilisateurs finaux; 
  • le développement d’une capacité de traitement du bois de récupération d’environ 140 à 150 tonnes par an;
  • la poursuite d’autres objectifs, comme l’achat en gros pour les entrepreneurs, l’approvisionnement des productions cinématographiques locales et la réalisation de travaux de transformation du bois (élagage, classement, contrôle de la qualité).

De plus, la mission caritative de TRP contribue au bien-être et à l’inclusion des membres de la collectivité. L’organisme embauche et forme des travailleurs autochtones locaux dans le cadre d’un projet pilote de déclouage qui permettra d’accroître encore la valeur de revente des résidus et de créer des emplois.

3. District régional de qathet
L’entreprise sociale Kindred ReBuild s’est associée au district régional de qathet, à des entreprises de construction locales et à une ancienne scierie afin d’étendre ses marchés de collecte et de réutilisation. Voici ses principales activités :

  • Récupération directe sur les chantiers de démolition et de construction.
  • Collaboration avec des entrepreneurs pour détourner les résidus réutilisables.
  • Tri et revente en vue d’une réutilisation au sein de la collectivité.

Parmi ses projets à venir, on compte :

  • La mise en place d’un projet pilote de collecte directe des résidus de construction et de démolition sur les chantiers en activité.
  • L’élargissement des catégories de réutilisation.
  • L’amélioration de l’accès à des résidus abordables.
  • L’organisation de formations et d’ateliers.

Occasions rendues possibles par les réseaux d’échange régionaux de résidus

Les études et les consultations ont permis de poser les bases concrètes et adaptées au contexte local nécessaires au développement de réseaux régionaux d’échange de résidus de construction et de démolition, favorisant ainsi les effets à long terme de l’économie circulaire. Il est important de noter que ce processus permet d’établir des liens directs entre les producteurs de résidus et les utilisateurs finaux. Parmi les résultats concrets, on peut citer :

Environnement

  • Réduction de l’enfouissement des résidus de construction et de démolition de grande valeur (dont des chargements acheminés vers l’État de Washington).
  • Baisse des émissions grâce à la réutilisation et au traitement à l’échelle locale.

Économie

  • Conservation de la valeur des résidus dans l’économie locale.
  • Création d’emplois liés à la réutilisation, au traitement et à la fabrication.

Société

  • Soutien aux organismes de bienfaisance et aux entreprises sociales et à leurs programmes.
  • Meilleur accès à des résidus de construction abordables.
  • Développement des compétences et participation communautaire.

« Ce projet marque une avancée prometteuse vers une économie locale plus durable et plus résiliente. En explorant de nouvelles possibilités de réutilisation, d’innovation et de création d’emplois liées aux résidus de construction et de démolition, nous ne nous contentons pas de réduire la pression sur les décharges : nous investissons dans notre collectivité. »
John Jack, président du conseil d’administration, district régional Alberni-Clayoquot

Les avantages

Parmi les avantages supplémentaires des réseaux d’échange de résidus de construction et de démolition, mentionnons les suivants :

  • Le maintien de la circulation de l’argent à l’échelle locale plutôt que l’exportation de déchets et l’importation de résidus.
  • La création de nouveaux emplois locaux. 
  • La réduction des répercussions environnementales liées à l’extraction, au transport et à l’élimination des déchets.
  • Le renforcement des partenariats entre les entreprises locales, les organismes communautaires et les municipalités.
  • La réduction des risques et des incertitudes liés aux facteurs externes (p. ex. droits de douane, pandémie) grâce au renforcement des chaînes d’approvisionnement locales.

Principales leçons pour les collectivités qui s’intéressent à la réutilisation des résidus

Dans les trois régions, les interactions avec les entrepreneurs, les entreprises de collecte de déchets, les entreprises sociales, les partenaires autochtones, les recycleurs, les artistes et les créateurs ont systématiquement mis en évidence la nécessité :

  • d’une coordination commune; 
  • d’espaces d’entreposage et de tri accessibles; 
  • d’installations centrales ou communes, ainsi que d’occasions de formation et de perfectionnement.

D’autres recommandations s’ajoutent :

  • Établir des relations et favoriser des liens directs pour faciliter la mise en œuvre des projets.
  • Démontrer les avantages économiques pour le secteur au moyen d’exemples concrets.
  • Impliquer des porte-parole locaux et des facilitateurs pour mobiliser la collectivité.
  • Prévoir des calendriers de projet qui conviennent aux participants, en évitant les périodes de forte activité dans le secteur de la construction (l’été) et en privilégiant les séances en matinée.
  • Diversifier les contributeurs : penser autrement à qui devrait faire partie du projet.
  • Préconiser l’engagement en personne et les relations personnelles dans la mesure du possible.

Personne-ressource
Tai Uhlmann, gestionnaire de projet principale
Synergy Foundation
[email protected]

Michael Moore, the Alberni Valley Makerspace
[email protected]

Beverley Dondale, The Reuse People of Canada
[email protected]

Todd Clarke, Kindred Rebuild
[email protected]

Autres ressources

Vous voulez découvrir tous les projets financés par le FMV? Consultez notre Base de données des projets approuvés pour obtenir une description détaillée des projets financés et inspirez-vous des projets d’autres municipalités de toutes tailles et de toutes les régions du Canada.

Visitez la Base de données des projets approuvés